Les articles "Histoire de la paroisse" sont extraits du Clocher et rédigés par Jacques Pencréa'ch.

 

Histoire de la Paroisse - 3 - 2020 : Le 10 mai 1945 Lorient retrouvait sa liberté

C'était le 10 mai 1945. Lorient retrouvait sa liberté au terme d'une année très difficile. Les journaux de ces derniers jours ont ravivé notre mémoire. Cette aventure qui nous a marqués résume toute l'horreur et la démesure de cette guerre. Le débarquement enfin, en juin 1944 et l'espérance qu'il suscite, le choix des Allemands de se replier sur la forteresse de Lorient en espérant un hypothétique retournement de la situation, la poche qui se referme sur près de 50 000 personnes, militaires allemands et civils français, ce que fut la vie durant ces mois de privations, de répressions, la liberté enfin retrouvée après la chute de Berlin et la reddition à Caudan dans ce lieu que nous connaissons bien, le 10 mai 1945 après la capitulation le 8 à Etel. Nous espérions qu'une nouvelle ère de paix, d'équilibre était sur les rails. Hélas, l'actualité nous rappelle que notre monde est fragile.

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10 mai 2020. Soixante-quinze années ont passé. Depuis cette date, toutes les années se terminant par 0 et 5 sont particulièrement marquées par des cérémonies, souvenir de la reddition dans la proche région, et plus spécialement chez nous à Caudan. En 2015, Jean-Yves Le Drian présidait la cérémonie civile et la messe fut célébrée par le vicaire général, l'abbé Gildas Keryhuel. Cette année, hélas, ce ne sera pas le cas, mais peut être une occasion de nous en souvenir davantage.

Dans cette situation particulière que nous vivons, il est souvent fait un parallèle entre ces deux époques, celle de la deuxième guerre mondiale et celle de la crise sanitaire d'aujourd'hui. Certaines similitudes peuvent certes exister, avec tout de même des différences notoires, en particulier dans le domaine des approvisionnements. Nous ne connaissons pas aujourd’hui les restrictions, voire les privations que les plus anciens d'entre nous ont subies. Il fallait limiter la distribution des ressources de façon autoritaire. Chaque citoyen avait droit aux fameux « tickets de rationnement », pour le pain, la viande, le tabac, et même... le vin !

« La plaisanterie continue » titre à ce sujet « Le Nouvelliste du Morbihan », quotidien régional paru jusqu'en 1944. « Il est alloué aux Morbihannais deux litres de vin par tête de pipe, alors que dans le Finistère ils ont droit à quatre litres sous le prétexte, vieille excuse germée dans la cervelle infantile d'un rond de cuir ignare, que le Morbihan est un département cidricole. Or, tout le monde sait que le Finistère est le département le plus important producteur de cidre, mais ceux qui nous administrent sont-ils des enfants à la mamelle ? Ils ont appris la géographie économique dans les circulaires. Nous savons qu'il est possible de fournir aux Morbihannais les quatre litres mensuels, sinon le litre hebdomadaire... » ! Un moindre mal, cette demande fut partiellement entendue : l'allocation passa à trois litres mais pour revenir de nouveau à deux !

Ces restrictions furent quelques années plus tard largement compensées par l'arrivée massive, à Bordeaux, Nantes et Brest de gros pinardiers en provenance d'Algérie, chargés du précieux « Sénéclauze » qui inonda villes et campagnes.

Il faut encore parfois des ténèbres pour que surgisse le soleil...

Histoire de la paroisse - 2 - 2020 : L'appel décisif

1er mars. En ce premier dimanche du carême, au cours de la messe dominicale, notre paroisse a eu l'honneur et la joie d'accueillir les catéchumènes du diocèse pour l’appel décisif à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne (baptême, confirmation…). Ils étaient 27 sur les 31 prévus (quatre étaient empêchés), originaires de sept pays différents, de professions diverses : étudiant, pécheur, commerçant, ingénieur, mère au foyer…

Mgr Centène présidait cette cérémonie, assisté du Père Fresneau - curé doyen -, du Père Sanctus, du Père Loisel - référent diocésain -, et de trois diacres.

Après avoir imploré la miséricorde de Dieu, il adressa aux catéchumènes cet appel décisif à vivre les sacrements de l'initiation. Au reçu de leur réponse affirmative, il les invita à venir un à un se présenter à lui. À chaque appelé il demanda son nom et lui remit une écharpe mauve. Cette écharpe, de la couleur du Carême, est un signe extérieur du chemin de conversion au Christ que les catéchumènes empruntent avec tous les fidèles en marche vers Pâques. « Nous vous invitons à la porter lors des célébrations qui vous seront destinées au cours de l'ultime préparation. Elle sera remplacée par le vêtement blanc le jour de votre baptême » (qui pour la plupart d'entre eux aura lieu au cours de la prochaine Veillée Pascale).

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« Belle leçon de catéchèse pour se préparer au baptême qu'est l'évangile de ce dimanche, un combat spirituel dans lequel nos premiers parents ont échoué ». Ce furent les premières paroles de Mgr Centène lors de son homélie. Jésus est conduit au désert pour y être tenté trois fois.

À la première, il éprouve une tentation banale, celle de la faim : « Ordonne que ces pierres deviennent du pain ». Évitons que cette faim devienne notre maître, essayons plutôt de nous rassasier de la parole de Dieu.

Deuxième tentation, celle du pouvoir, plus grave que la première car c'est une relation avec la personne, et non avec la matière ; tentation de vouloir dominer les autres ; accepter de se prosterner devant plus grand que soi, au mépris de notre dignité. « Gardons une juste place par rapport à Dieu et aux autres ».

Troisième tentation, un rapport avec Dieu lui-même « Si tu es Dieu, donne-moi ceci, fais-moi cela ». Ce n'est plus Dieu le centre mais c’est nous. Décentrons-nous, et que le Seigneur nous donne son esprit par les dons reçus au baptême.

Puis ce fut aux accompagnants, parrains et marraines, d'être invités à se rassembler devant le chœur. L’Évêque leur demanda de poser la main sur l'épaule de leur protégé. « Que votre aide les accompagne toute leur vie » leur dit-t-il, avant de réciter tous ensemble le « Je crois en Dieu ».

« Mon Dieu, regarde ces enfants que l’Église te recommande et envoie sur eux ta bénédiction ».

Émouvante cérémonie que cette messe de l'appel décisif. À son issue, le Père Sanctus remercia Mgr Centène de l'avoir présidée, les prêtres, les diacres, les catéchumènes, leurs parrains, marraines, accompagnateurs et tous ceux qui, à leur manière, ont œuvré à la réussite de cette cérémonie ; également ceux qui l'ont animée, préparée, les servants d'autel, les fleuristes, l'équipe d'entretien de l’église, la chorale spécialement constituée à cette occasion et tous les nombreux fidèles présents. Puis il invita toute l'assemblée à partager le verre de l'amitié.

Histoire de la paroisse - 1 - 2020 : Joséphine et Joseph Le Priol

Dernièrement, nous apprenions par la presse, qu'un couple (homme et femme), tous deux âgés de 100 ans, partageaient encore leur vie. À Caudan nous ne sommes pas loin d'une telle situation : en effet, Joséphine et Joseph Le Priol sont tous les deux (ou tout près de l'être) dans leur 98ème année. Ils vivent ensemble dans la maison natale de Joséphine au village du Moustoir. Joséphine que nous appellerons Nénette, car c'est sous ce prénom qu'elle a sa place parmi nous, est née dans cette maison le 12 mars 1923 et Joseph, lui, est né à Baud le 6 décembre 1922.

Nénette a eu deux sœurs. Après ses études primaires à l'école Saint-Joseph tenue par les religieuses du Saint-Esprit, elle aurait bien voulu poursuivre, mais « pas d'histoire, pas de différence avec ses sœurs, avaient décrété ses parents, l'école ménagère comme les autres ». Dans son proche entourage, on se demandait si Nénette songeait au mariage ; ses deux sœurs avaient déjà franchi le pas, dont l'une dès ses dix-huit ans. Engagée dans différents mouvements d'Action Catholique, elle avait bien eu l'occasion de connaître quelqu'un à Vannes, mais non, ce « n’était pas celui-là ! », le temps passait et ce fut Joseph l'heureux élu !

Ce dernier avait une sœur et deux frères, dont l'un, Clovis, fut vicaire-instituteur à l'école Sainte-Anne de 1945 à 1952. Il eut une grande influence sur la destinée de son frère... Le 23 avril 1950, le Président de la République, Vincent Auriol, était l'invité de notre commune, et à cette occasion le cercle celtique de Baud, dans lequel Joseph jouait du biniou, participait à la fête. Ce même cercle fut par ailleurs souvent invité (par Clovis ?) à l'occasion des kermesses paroissiales. Nénette était l'incontournable responsable du stand des gâteaux, occasion rêvée pour notre joueur de biniou de faire connaissance !

Dans sa ferme familiale de Baud, Joseph se sentait un peu à l'étroit et il en chercha une à louer. Là encore, c'est (probablement) Clovis qui lui proposa celle du Moustoir. Marché rapidement conclu : la ferme et la fille avec ! Et c'est ainsi que le 3 mars 1951, le mariage de Nénette et de Joseph fut célébré et béni par Clovis dans la baraque-chapelle de l'époque. Un an plus tard, Joseph prit la direction de la ferme tout en gardant ses beaux-parents.

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Ils auront 8 enfants et, à ce jour, ils comptent 19 arrière-petits-enfants (ils sont 10 sur la photo). Ils aimaient beaucoup les jeunes. En plus des leurs, ils ont accueilli durant de nombreuses années d’autres enfants que leur proposait le Secours Catholique, issus de milieux défavorisés de la banlieue parisienne. On imagine aisément la cohabitation : éducation, habitudes totalement différentes, que d'anecdotes ! La ferme du Moustoir n'était pas les H.L.M ! Ce n'était plus les mêmes jeux ! Mais finalement, tout s'arrangeait et l'expérience était renouvelée l'année suivante. Cet accueil ne suffisait pas à Nénette ; ils prirent en plus des orphelins du pensionnat Saint-Michel de Priziac.

Engagés dans le domaine social, Nénette et Joseph l'ont été tout autant à la paroisse : J.A.C. (Jeunesse Agricole Catholique), accueil au presbytère, équipes liturgiques, chorale, Conseil Économique, espaces verts, kermesses, délégués de secteur... Joseph fut responsable, pendant dix ans, de l’équipe de foot de la « Garde du Menhir » qui plus tard fusionna avec celle de l'Amicale Laïque pour devenir « Caudan Sport ». Notons aussi à son actif, son rôle primordial dans l'A.D.M.R. (Aide à Domicile en Milieu Rural) locale actuelle. Sa création fut décidée au Moustoir. Un permanent de Vannes s'était déplacé, il fallait à tout prix créer ce service à Caudan. Après bien des hésitations, Joseph accepta d'assurer cette première responsabilité. Il trouva un couple pour l'aider : Marguerite et Jean Kérouanton. Ces derniers se déplaçaient pour savoir où il était urgent d'intervenir. Une aide-ménagère fut embauchée, Mlle Le Gall de Languidic, qui vint habiter au bourg. On connaît la suite du développement de l’A.D.M.R. locale.

Disons-leur tout d’abord : Merci, pour cette vie de service, envers les leurs et envers leurs frères. Excellente année et rendez-vous dans deux ans. « Seul, on va plus vite mais à deux on va plus loin » nous dit le vieil adage...

Histoire de la paroisse - 7 - 2019 : Réparation du clocher de notre église en 2019

Depuis quelques hivers, lors des tempêtes accompagnées de fort vent d'ouest et de pluie, de grosses et nombreuses gouttes tombaient dans le chœur de l'église, au ras du petit autel. Il était donc nécessaire d'y remédier. Elles ne pouvaient provenir que de la flèche, dont l'accès est loin d'être évident. Les services de la Mairie (propriétaire) prirent en charge le problème. On leur en sait grandement gré. Dans un premier temps, un drone fut utilisé pour prendre des photos de l'ensemble de la flèche : ardoises, vitres et embase de la fixation de la croix et du coq. Elles furent utiles pour les réparations réalisées le 31 octobre dernier. À cet effet, il fallut faire appel à une grande grue équipée d'une nacelle où prirent place trois ouvriers qui colmatèrent les endroits défectueux, occasion pour le coq d'avoir une visite. Il faut dire qu'on peut compter sur les doigts d'une main les visites depuis sa mise en place voici 57 ans !

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Pourquoi un tel volatile sur notre clocher ? Son rôle principal est d'indiquer le sens du vent, celui où il a le moins de prise sur lui. Il est toujours « bout au vent », synonyme de fierté, de courage, bagarreur floqué sur les maillots tricolores de nos équipes sportives nationales. Il peut aussi être un signal chrétien : il serait pour certains l'oiseau annonciateur qui appelle les fidèles à la vie chrétienne. Aux premiers siècles de notre ère, il n'y avait pas de cloches dans nos églises et les premiers chrétiens se réunissaient pour une première prière au « chant du coq ». L'apôtre Pierre, après avoir renié Jésus, « se rappela la parole que le Seigneur lui avait dite : "Avant que le coq chante aujourd'hui, tu me renieras trois fois". Il sortit et pleura amèrement. » (Luc 22, 61-62)

De nos jours, dans certaines localités, le coq est interdit de chant ou alors au diable Vauvert ! Il est considéré comme perturbateur de l'ordre public et de notre quiétude matinale, générateur de nuisances sonores ! Il est vrai que par son chant il « montre qu'il est là avant d'être vu », il défend son territoire même sur son tas de fumier ! Ce chant a de fortes valeurs en décibels pouvant parfois nous « casser les oreilles », mais nous sommes aujourd'hui contraints de supporter des bruits bien plus déplaisants que ce chant, le pépiement des oiseaux ou les cloches de nos églises !

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Le parvis de l'église de Caudan se situe à 55 mètres au-dessus du niveau de la mer, rajoutons 35 mètres et c'est ainsi que notre coq, du haut de cette hauteur, veille sur nous, témoin de tous les moments de nos vies. Qu'il le reste encore longtemps !

Histoire de la paroisse - 6 - 2019 : Les pardons de l'été

Lors de son homélie du 15 août, fête de l'Assomption, le Père Sanctus fit remarquer aux fidèles que l'on pourrait, à Caudan, considérer ce mois d'août comme le mois de Marie, en plus de ceux de mai et d'octobre traditionnellement consacrés à la Sainte Vierge. En effet, dans notre paroisse, celle-ci est fêtée en trois occasions, en ce mois d'été : aux Pardons du Trescouët, du Nelhouët, et à l'église paroissiale pour l'Assomption.

Cette trilogie débuta le dimanche 4 août par le Pardon de Notre-Dame des Forces au Trescouët. La messe dominicale fut célébrée par le Père sanctus, heureux d'officier pour la première fois en cette occasion. Les textes de ce dimanche nous invitaient, nous dit-il, à réfléchir sur le sens de notre existence et de nos rapports à nos richesses. Jésus alla jusqu'à traiter de fou le riche qui se vantait, grâce à ses biens, de pouvoir jouir de l'existence : « Cette nuit même on va te redemander ta vie, et ce que tu as accumulé qui l'aura ? ». Dieu n'a pas de place dans sa vie. Marie, au contraire, est l'humble servante qui a dit oui au Seigneur, de qui elle puise ses forces pour nous ses enfants. C'est elle qu'on priait autrefois à la fontaine et que l'on prie encore aujourd'hui. Pensons à ceux qui souffrent, à ceux qui ont besoin de réconfort. De nombreux fidèles assistaient à la messe dans cette belle chapelle superbement fleurie, ainsi qu'à la procession qui suivit. Quelques morceaux de gâteau béni nous donnèrent des forces supplémentaires !

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Trois semaines plus tard, ce fut dans la chapelle du Nelhouët que l'on fêta Notre-Dame de Vérité. La messe fut également célébrée par le Père Sanctus. Il interpella l'assemblée en posant cette question : « Pourquoi cette appellation, "Notre-Dame de Vérité" ? », moment de silence. Traditionnellement, à l'occasion des foires qui se déroulaient au Nelhouët, les seigneurs voisins venaient y exercer leur droit de justice. Ils avaient installé dans la chapelle une roue à carillon qui servait à appeler bruyamment les faveurs de Notre-Dame sur les plaideurs en difficulté. À la fin du 19ème siècle le clergé de Caudan fit supprimer la roue. En réponse à la question, une nouvelle version fut proposée : ce serait simplement parce que Marie est la mère de Jésus, qui est lui-même « Vérité », version non contestée par l'assemblée ! Quant à nous, ne ratons pas de rencontrer le Christ qui est le chemin, la VÉRITÉ et la vie. Après la distribution de l'excellent gâteau béni, l'assemblée se rendit en procession à la fontaine, aussi bien fleurie que la chapelle grâce à la bonne volonté et au talent de dames voisines et un feu de joie fut, comme le veut la tradition, allumé tout à côté.

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« Marie, reçois-nous avec nos problèmes quotidiens, (…) répands dans notre cœur à tous,
la sagesse de la paix, la force de la justice et la joie de l'amitié. » (Jean-Paul II)

Histoire de la paroisse - 5 - 2019 : Anniversaire du D-Day à Caudan

À l’occasion du soixante-quinzième anniversaire du « D-Day, » les médias nous ont longuement commenté cet évènement si important pour notre pays. C'est le 6 juin 1944 que les troupes alliées débarquèrent sur nos plages normandes et, au prix de longs et durs combats et de nombreuses victimes, nous ont libérés du joug ennemi. Comme toutes les communes de France, Caudan a aussi vécu son « débarquement ». Madame Yvonne Bouric-Offredo, caudanaise, actuellement sur Pont-Scorff, est l'une des très rares personnes toujours parmi nous à avoir vécu ces événements si marquants. Elle en a fait un long témoignage dont nous nous faisons l'écho aujourd'hui, enrichi de quelques précisions de l'abbé Jeffredo, recteur alors de N.D. du Pont et devenu curé administrateur de notre paroisse au départ de l'abbé Bayon, âgé et malade.

À leur arrivée sur le sol français, les troupes de libération se scindèrent. Un corps d'armée américain prit la direction de l'extrême ouest du pays avec pour objectif de repousser le plus rapidement possible l'ennemi jusqu'au frontières de l'Est. Le 4 août, ces combattants étaient à Ploërmel, le 5 à Languidic, le 6 à Saint-Gilles, Hennebont et Pont Scorff. Le dimanche 7 août, vers 18 heures, les premiers chars alliés firent leur entrée à grand bruit dans le centre bourg. « Est-ce possible ?… On est fous de joie, on monte en courant sur la place puisqu’on nous dit qu'il n'y a pas de danger. Les libérateurs nous distribuent des bonbons, des chewing-gums, du chocolat. Ma sœur Marie a juste le temps de prendre deux photos de la fenêtre de sa chambre... ». (Leur maison se situait un peu plus bas que l'actuel PMU. Sur la photo, le char se trouve à l'emplacement actuel du Crédit Agricole). Ce fut une première occasion pour beaucoup de faire connaissance avec des gens d'un autre continent, d'une autre couleur de peau.

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Du haut de la Tour de la Découverte de Lorient, les Allemands ont pu voir tous ces mouvements et la réplique ne se fît pas attendre : ils firent subir au bourg un bombardement intensif. Il y eut une vingtaine de morts et blessés, dont plusieurs pompiers de la Marine. Sœur Hélène, l'infirmière, se dépensa sans compter au risque de sa vie, avec le peu de moyens dont elle disposait. Mais « où sont passés nos alliés ? ». En fait leurs chars se sont arrêtés à Kerbéban, en face de l'ennemi bien campé à Manéhuillec où il disposait d'une forte artillerie. Voulant éviter un affrontement, ils rebroussèrent chemin. Les spécialistes disent aujourd'hui qu'ils auraient pu sans difficulté majeure libérer Lorient.

La population se réfugia dans l’abri de l'école Saint-Joseph. Cet abri, actuellement comblé, avait été creusé par l'organisation Todt dans la butte de l'établissement, sous l'actuelle école maternelle, près du château d'eau, qui pouvait contenir 300 personnes. « Nous les jeunes, nous restons près de l'escalier de sortie. Nous dormons à même le sol, les unes sur les autres, changeant souvent de position... ».

Le lendemain, lundi 8 août, un officier allemand accompagné de soldats armés fit signe à toutes les personnes qui s'étaient hasardées dehors et aux marins pompiers, de rejoindre l'abri, avec défense d'en sortir. « Que va-t-il se passer ? Avec ferveur nous nous mettons sous la protection de la bonne mère Sainte Anne et ensemble, nous récitons les Ave de notre chapelet ». Et c'est maintenant la deuxième nuit à passer dans l'abri, « deuxième nuit de lutte contre le sommeil et contre les puces ! Le calme revenu, les gens, épuisés, s'endorment. Mais cette vie devient très pénible, pas d'aération, seulement aux deux extrémités, pas d'air ni lumière, que des bougies ; pas de toilettes, seulement quelques seaux hygiéniques qui se remplissent mais que personne ne prend le risque d'aller vider de peur des obus. L'odeur devient insupportable, c'est une puanteur. Dès le lendemain se pose le problème de la nourriture... ». Sœur Hélène organisa une distribution de lait, (il y avait un bébé de huit mois dans l'abri). Les fermes de François et de de Félix Bouric, entouraient pratiquement l'abri, et grâce à leur aide et à celle du boulanger, elle put ainsi parer au plus pressé. François Bouric aimait rappeler que pour les ravitailler il se mettait un grand pot en métal sur la tête pour se protéger des obus ! Il continuait à travailler à la tombée de la nuit, à récolter ses choux, à livrer son cidre.

Mais l'ennemi ne désarma pas. Le 9 août, nouveau bombardement sur le bourg avec une pluie d'obus et de fusants incendiaires, « les maisons sont éventrées, les toitures s'effondrent au sol, plusieurs incendies se déclarent, le presbytère n'est pas épargné, le clocher particulièrement visé tient bon. Il n'y a que quelques blessés légers, et c'est miracle qu'il n'y eut pas de morts sous ce déluge… mais la chose la plus hideuse fut la mort de la famille Kerlau de la Montagne du Salut à l'aide de grenades lancées dans l'abri souterrain où elle s'était réfugiée ». La veille, le 8 août, ce fut au tour de cinq otages de Kerviec, dont un jeune de 14 ans, d'être sans raison fusillés à Manébos.

Le 11 août à 5h45, « un immense bruit, une secousse, telle une secousse sismique… Que se passe-t-il ? L'église et le clocher viennent de s'effondrer et leurs pierres ensevelissent tout le sanctuaire ». Les services de la Croix Rouge durent intervenir en particulier pour secourir les enfants et les personnes âgées. Après une semaine de vie d'enfer, la situation était devenue intenable, il fallait chercher refuge ailleurs, et c'est ainsi que le bourg de Caudan allait devenir complètement désert.

Notre commune avait chèrement payé sa liberté, qui n'était encore que partielle. Les troupes allemandes avaient en effet reçu de leur (très) haute autorité, l'ordre de garder coûte que coûte la base des sous-marins. Les troupes alliées avaient préféré contourner la ville et continuer leur marche en avant, laissant ainsi 26 000 hommes dans ce qui allait devenir la « poche de Lorient ». Il fallut attendre près d'un an, le 10 mai 1945, la paix enfin retrouvée quand le Général allemand Fahrmbacher remit son arme au Général américain Kramer dans le champ qui allait devenir celui de la reddition.

Histoire de la paroisse - 4 - 2019 : La résidence Anne de Bretagne

Avec les établissements « Ti-Aïeul » et « Le Belvédère » déjà évoqués, la commune de Caudan possède un troisième EHPAD, la résidence Anne de Bretagne. C'est en 1993 que la commune de Caudan a mis à la disposition de l'Amicale des Aveugles et Handicapés Visuels de Bretagne un terrain situé à proximité du Centre Commercial de Kerio, à l'intersection de la route de Pont Scorff et de la rue Jean Moulin, en bordure d'un espace boisé aménagé et entretenu par la municipalité. La construction de cet établissement débuta l'année suivante et son inauguration eut lieu le 6 juin 1996, par Monsieur Hervé Gaymard, Secrétaire d'État à la santé et à la sécurité sociale, en présence de Monsieur Le Ravallec, Maire de la commune en cette année-là.

En 2005, la gestion de l'établissement a été transférée à l'association « Anne de Bretagne » créée à cet effet ; en 2008 cette association en est devenue propriétaire et en 2013, elle a pris le nom d’« Association FAF-Anne de Bretagne ». Neuvième établissement de ce type construit en France, cette résidence a pour vocation d'accueillir des personnes seules ou en couple, âgées de 60 ans au moins avec une priorité particulière pour les personnes déficientes visuelles. Elle comporte 83 studios individuels, 2 studios à deux places et 1 place en hébergement temporaire, répartis sur 4 niveaux desservis par deux ascenseurs. Depuis 2011 cet EHPAD dispose d'une unité de 12 places destinée à accueillir des résidents présentant une maladie d'Alzheimer ou apparentée, le pôle d'activités de soins adaptés, le PASA.

L'établissement est géré par un Conseil d'Administration dont les membres sont issus de la Fédération des Aveugles et Handicapés Visuels de France (FAF) et d'administrateurs locaux, avec le concours de trois grands services : administratif, hébergement, médical et paramédical. Et c'est ainsi qu'une soixantaine de personnes, dévouées et compétentes, y travaillent actuellement : un médecin coordonnateur, une infirmière référente, quatre infirmiers, une psychologue, une ergothérapeute, assistants de soins, aides-soignants, veilleurs de nuit, personnel du service restauration... Tous obéissent à une charte du soin relationnel comprenant elle-même dix engagements pour prendre soin de chacun, et en priorité, de faire de la résidence Anne de Bretagne un lieu de vie préservant une intimité pour le résidant et une convivialité nécessaire au maintien du lien social.

Pour favoriser cette convivialité, de nombreuses activités sont proposées chaque jour et dans ce panel chaque résident en trouve une qu'il peut favoriser.

De nombreux bénévoles interviennent également (lecture du journal quotidien, chorale, sorties diverses : cinéma, bord de mer, promenades dans le bois tout proche...).

Marche solidaire

Le 12 mai dernier, une marche solidaire fut l'occasion pour une bonne soixantaine de personnes de faire 10 kms de marche dans la campagne Caudanaise. Cette marche fut suivie d'un repas champêtre dans le chalet du terrain de pétanque. La somme recueillie sera affectée aux animations avec toujours cet objectif de créer autour des résidents l'atmosphère la plus agréable possible.

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Histoire de la paroisse - 3 - 2019 : Le foyer du Belvédère

Fin novembre 1982, Monsieur Marcellin, s'est de nouveau déplacé à Caudan, en qualité cette fois de Président du Conseil Régional et du Conseil Général, accompagné du Préfet du Morbihan, pour répondre à une invitation du Maire de l'époque, Monsieur Joseph Le Ravallec. Cette visite fut pour beaucoup une occasion de faire connaissance avec une commune « pas comme les autres, une commune qui a les moyens et où tout est sans doute plus facile » nota le Préfet, en faisant allusion à la manne des taxes professionnelles (ceci se passait il y a trente-sept ans ! Les conditions ont bien changé depuis…). Il poursuivait : « écoles, piscine, trois terrains de foot, tennis, projet de salle polyvalente, ZAC de Kerio, foyer logement… ». Ce foyer dont faisait état le Préfet était le foyer du Belvédère. En cette année 1982, la population de notre commune se chiffrait à 5819 habitants. Depuis 1970, elle avait plus que doublé et la maison de retraite de Kergoff, devenue trop petite, ne pouvait plus répondre aux besoins de plus en plus nombreux.

Aussi, en mai de la même année, la Commission des institutions sociales de la région Bretagne émit un avis favorable à la création d'un foyer-logement sur la commune en considérant que ce projet répondait à un besoin bien établi. Le permis de construire fut accepté le 2 juin et les travaux de voirie débutèrent rapidement. La construction de l'ensemble fut confiée à l'Office départemental des HLM et la première pierre fut posée par le Sous-Préfet de Lorient en janvier 1983. Dix pavillons furent construits à proximité dans le but de rendre leurs occupants moins dépendants. Tous ces logements furent inaugurés le 26 juin 1985 par Madame Denise Court. Depuis 2005, ce foyer, après avoir répondu aux normes de plus en plus exigeantes de sécurité et d'accessibilité, est devenu un EHPAD.

Il accueille aujourd'hui 50 personnes, 37 femmes et 13 hommes (une proportion proche de celle des autres établissements…). La moyenne d'âge est de 85 ans 11 mois et 7 jours. Il est vrai le maintien à domicile favorise l'entrée tardive en structure. La durée moyenne d'un séjour est de 4 ans et 13 jours, par contre le plus ancien pensionnaire est là depuis 1985 (34 ans !) La doyenne est âgée de 99 ans. L'encadrement est composé d'une directrice, Madame Lavocat en poste depuis l'année 2000, d'une adjointe administrative Madame Le Lannier, d'un médecin coordonnateur, d'un cadre de santé, d'un psychologue, d'un ergothérapeute, de trois infirmières, de 15 aides-soignantes ou aides médico-psychologiques, de 15 agents de services, d'un animateur et de trois cuisiniers. Ils œuvrent tous pour la considération de l'identité, de l'autonomie et de la dignité des résidants. 

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Chaque dernier vendredi du mois, le Père Sanctus y célèbre une messe.

Une association « Les amis de la Résidence Le Belvédère » a vu le jour il y a quelques années. Elle organise des activités ludiques (concours de belote entre autres) mais aussi des sorties en bord de mer, des visites aux marchés des environs, des pique-niques... dont les résidents peuvent profiter.

Un Conseil d'Administration gère cet ensemble. Il est composé de 14 membres : 7 membres élus, conseillers municipaux et sept autres membres nommés par le président. Il se réunit une fois par mois.

Quel est l'avenir de cet EHPAD ? Actuellement sa capacité d'accueil est insuffisante. Les charges fixes étant incontournables, il faudrait au moins 20 pensionnaires de plus pour équilibrer son budget. Que faire ? L'agrandir ? Le détruire pour reconstruire ? Cela dépasse les compétences du C.A et de la commune mais dépend plutôt d'une politique générale de la prise en compte de la dépendance des personnes âgées.