Histoire de la paroisse 2019

Histoire de la paroisse - 2 - 2019

Aujourd'hui, sur notre commune de Caudan, sont implantées trois EHPAD
(Établissement d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes) :
« Anne de Bretagne »« Le Belvédère » et « Ti-Aïeul ».
Nous vous proposons de relater l'historique et le fonctionnement actuel de ces trois établissements.

Nous débuterons par le plus ancien, « Ti-Aïeul ».

Au 18ème siècle, de nombreuses et luxueuses résidences secondaires virent le jour dans la campagne lorientaise et environnante, propriétés de riches armateurs ou commandants de navires, héritiers de la célèbre compagnie des Indes. Celle de Kergoff en faisait partie. En 1917, l'amiral Gadaud et la comtesse Deschiens, son épouse, en étaient les propriétaires. Ce couple n'avait ni enfants, ni parents proches.
Au décès de son époux, la comtesse fit don de tous ces biens à la commune de Caudan "à charge à cette dernière d'y fonder à perpétuité un hospice pour 12 vieillards infirmes ou malades, de préférence originaires ou habitants de la commune de Caudan". Le premier établissement pour personnes âgées était né et durant 27 années, il vit passer quelques centaines de pensionnaires, entourés par les religieuses du Saint Esprit (jusqu'en novembre 1972 où les deux dernières quittèrent définitivement les lieux). L’hospice fut incendié en 1944 par un commando allemand, et, à la libération, le maire Monsieur Le Léannec et son conseil municipal décidèrent de créer un ensemble plus important grâce aux dommages de guerre et à des emprunts supplémentaires. Ce chantier débuta en octobre 1960, suivant les plans des architectes Guillou et Lindu (ceux de l'église paroissiale…).

Ce nouvel établissement fut mis en service et inauguré le 14 septembre 1962 par Monsieur Marcellin, ministre de la santé publique de l'époque. Il comportait 40 lits (18 chambres individuelles, 4 chambres à deux lits et deux dortoirs de sept places). Il fut agrandi en 1988 pour pouvoir recevoir 58 pensionnaires, mais cet "établissement pilote, réalisation remarquable doté d'un personnel hors pair", ne s'avéra plus conforme aux évolutions et exigences de sécurité et le conseil d'administration décida de construire un nouvel EHPAD, construit en 2011. L'ancien fut démoli.

Nommée « Ti Aïeul » cette nouvelle structure contemporaine est composée de deux quartiers comportant chacun trois maisonnées de 12 à 13 chambres (pour un total de 73), dont douze réservées aux résidents atteints de la maladie d'Alzheimer, et trois chambres à l'accueil en hébergement temporaire. La résidence est composée d'une équipe pluridisciplinaire composée d'un directeur délégué, d'une cadre de santé, d'un médecin coordonnateur, d'un psychologue, d'une ergothérapeute, d'une assistante de direction, d'un assistant de gestion, d'infirmiers, d'aides-soignants, d'agents d'entretien, de cuisiniers, d'animatrices, d'une lingère, de techniciens.

De nombreux intervenants extérieurs bénévoles participent régulièrement à diverses animations, lecture des journaux, informatique, chorales, jeux de société... Cet établissement possède une chapelle où des offices religieux et temps de prière sont assurés par le recteur de la paroisse et l'aumônier. Les résidents se retrouvent également à l’église paroissiale, à l'occasion de cérémonies communautaires (dimanche de la santé, sacrement des malades).

SAM 0666

Comme le souligne Madame la Directrice :
« L'accompagnement et la bienveillance sont au cœur de tous ».

Histoire de la paroisse - 1 - 2019

L'abbé Francis Le Dimeet nous a quittés en cette fin d'année dernière, à l'âge de 87 ans. Ses obsèques ont été célébrées le mercredi 5 décembre en la basilique de Sainte Anne d'Auray. Francis a longtemps fait partie de notre communauté paroissiale en tant qu'aumônier de la maison de retraite Ti-Aïeul. En plus de cette fonction il assurait le culte à « Anne de Bretagne » et aidait parfois la paroisse aux week-ends et pour les obsèques…

Francis est né et a été baptisé à Inzinzac-Lochrist le 14 juin 1931. Dernier d'une famille de six enfants, il a fait ses études à l'école de Mané Bihan, « élève moyen, dissipé, plus enclin aux jeux qu'aux apprentissages » comme il le disait. Dans ce pays des forges, sa jeunesse fut marquée par le courage et la combativité de ces forgerons curieux des conflits sociaux que générait leur situation de précarité. Le sens de la justice, le respect des hommes étaient des valeurs primordiales pour Francis. Il se souvenait des défilés de protestation et des processions religieuses qui se partageaient la voie publique avec d'un côté « l'Internationale » et de l'autre « le Magnificat », souvenirs qu'il aimait rappeler avec humour.

Adolescence, jeunesse et c'est le séminaire : Sainte Anne d'Auray puis Vannes, « travail sérieux certes, mais peu d'ouverture sur le monde : conformisme, tradition, uniformité, nivellement des personnalités » avait-il noté. Avant d'être ordonné, il participa à la guerre d'Algérie « une parenthèse qui valut bien une retraite comme un temps de désert qui provoque la réflexion sur le sens de la vie et ce dont les hommes sont capables ».

Puis vint le temps de la pastorale : après son ordination le 21 décembre 1957, son premier poste fut vicaire-instituteur à Quéven, puis vicaire sur la même paroisse. Dix ans plus tard, il est nommé missionnaire diocésain (membre d'un conseil consulté par l'évêque afin de proposer des solutions pratiques concernant l'activité pastorale). Il y restera trois ans avant d'être vicaire responsable des centres aérés et foyers de jeunes de Lorient. En 1975 il deviendra le recteur des paroisses de Calan et Lanvaudan et l’aumônier du Mouvement Chrétien des Retraités (MCR) pour cette zone lorientaise.

En 1990, il est nommé recteur de Crach - Locmariaquer - Saint-Philibert. Survient la maladie qui le contraint à se retirer de ses fonctions de responsabilité et il va maintenant être « au service » des paroisses de Lanester (Notre-Dame-du-Pont et le Plessis), jusqu'en 2003, année durant laquelle il prend en charge l'aumônerie de la maison de retraite de Kergoff (aujourd'hui Ti-Aïeul). Il occupait une petite maison, rénovée et encore occupée à ce jour, vestige de l'ancienne propriété de Madame Gadaud léguée à la commune de Caudan en 1916, en face de l'IME actuel. Il y restera treize ans. Doté d'un caractère jovial, enjoué, Francis n'hésitait pas à dire ce qu'il pensait en bien ou en mal, avec humour peut-être mais en vérité.

SAM 0641

Le 3 mai 2017, bien malade, il demande à entrer à la maison Saint-Joachim. Conscient de son état, il se prépare à sa fin de vie, une vie de soixante et une années de sacerdoce.

Que le Seigneur qu’il a tant servi l'accueille dans son paradis.