C'était le 10 mai 1945. Lorient retrouvait sa liberté au terme d'une année très difficile. Les journaux de ces derniers jours ont ravivé notre mémoire. Cette aventure qui nous a marqués résume toute l'horreur et la démesure de cette guerre. Le débarquement enfin, en juin 1944 et l'espérance qu'il suscite, le choix des Allemands de se replier sur la forteresse de Lorient en espérant un hypothétique retournement de la situation, la poche qui se referme sur près de 50 000 personnes, militaires allemands et civils français, ce que fut la vie durant ces mois de privations, de répressions, la liberté enfin retrouvée après la chute de Berlin et la reddition à Caudan dans ce lieu que nous connaissons bien, le 10 mai 1945 après la capitulation le 8 à Etel. Nous espérions qu'une nouvelle ère de paix, d'équilibre était sur les rails. Hélas, l'actualité nous rappelle que notre monde est fragile.

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10 mai 2020. Soixante-quinze années ont passé. Depuis cette date, toutes les années se terminant par 0 et 5 sont particulièrement marquées par des cérémonies, souvenir de la reddition dans la proche région, et plus spécialement chez nous à Caudan. En 2015, Jean-Yves Le Drian présidait la cérémonie civile et la messe fut célébrée par le vicaire général, l'abbé Gildas Keryhuel. Cette année, hélas, ce ne sera pas le cas, mais peut être une occasion de nous en souvenir davantage.

Dans cette situation particulière que nous vivons, il est souvent fait un parallèle entre ces deux époques, celle de la deuxième guerre mondiale et celle de la crise sanitaire d'aujourd'hui. Certaines similitudes peuvent certes exister, avec tout de même des différences notoires, en particulier dans le domaine des approvisionnements. Nous ne connaissons pas aujourd’hui les restrictions, voire les privations que les plus anciens d'entre nous ont subies. Il fallait limiter la distribution des ressources de façon autoritaire. Chaque citoyen avait droit aux fameux « tickets de rationnement », pour le pain, la viande, le tabac, et même... le vin !

« La plaisanterie continue » titre à ce sujet « Le Nouvelliste du Morbihan », quotidien régional paru jusqu'en 1944. « Il est alloué aux Morbihannais deux litres de vin par tête de pipe, alors que dans le Finistère ils ont droit à quatre litres sous le prétexte, vieille excuse germée dans la cervelle infantile d'un rond de cuir ignare, que le Morbihan est un département cidricole. Or, tout le monde sait que le Finistère est le département le plus important producteur de cidre, mais ceux qui nous administrent sont-ils des enfants à la mamelle ? Ils ont appris la géographie économique dans les circulaires. Nous savons qu'il est possible de fournir aux Morbihannais les quatre litres mensuels, sinon le litre hebdomadaire... » ! Un moindre mal, cette demande fut partiellement entendue : l'allocation passa à trois litres mais pour revenir de nouveau à deux !

Ces restrictions furent quelques années plus tard largement compensées par l'arrivée massive, à Bordeaux, Nantes et Brest de gros pinardiers en provenance d'Algérie, chargés du précieux « Sénéclauze » qui inonda villes et campagnes.

Il faut encore parfois des ténèbres pour que surgisse le soleil...


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