Les articles "Histoire de la paroisse" sont extraits du Clocher et rédigés par Jacques Pencréa'ch.

 

Histoire de la paroisse - 3 - 2018

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son Diocèse Mgr Centène annonce l'ouverture de l'année Jubilaire en l'honneur du 600ème anniversaire de la mort de St Vincent Ferrier, pour commémorer la durée de son séjour en Bretagne, durant lequel il est décédé à Vannes le 5 avril 1419. Aussi avons-nous souhaité en savoir un peu plus sur ce saint homme.

SAM 0560

Vincent Ferrier est né le 22 janvier 1350 à Valence, ville Espagnole située sur la côte Est méditerranéenne à 500 kms au Sud de Perpignan, dans une famille d'origine Écossaise. Le père de Vincent, Guillaume Ferrer (en Français Ferrier), était notaire. Ce nom est encore très répandu à Valence. Il fut baptisé en l'église San Estevan, on lui donna le prénom de Vincent en l'honneur d'un autre Saint Vincent, martyr de la foi. À huit ans il entre à l'école, à 17 ans il entre comme novice chez les frères prêcheurs de Valence. Il poursuit ses études de philosophie et de théologie à Barcelone et à Toulouse durant dix années et revient à Valence pour être ordonné prêtre à vingt-huit ans. Sa vie active va maintenant commencer. Cette année-là le grand schisme d'occident est venu semer le trouble dans l’Église Chrétienne : un Pape vient d'être élu à Rome sous le nom d'Urbain VI. Les cardinaux prétendent avoir cédé à la pression populaire et certains d'entre eux réunis en Avignon vont en élire un second, Clément VII. Vincent Ferrier se prononce pour ce dernier et entraîne dans son sillage le roi d'Aragon et de Castille. À la mort de Clément VII, c'est Pierre de Luna, compatriote et ami de Vincent Ferrier, qui devient Pape sous le nom de Benoît XIII et l'appelle près de lui à Avignon. Il en sera le conseiller et le confesseur durant trois années, mais bientôt Vincent tombe malade.

SAM 0554
Le Christ lui apparaît en songe escorté de St Dominique et de St François, il reçoit la mission d'aller prêcher de par le monde. Il se relève guéri et part vers son destin. D'autres évènements d'époque ne facilitèrent pas sa tâche, particulièrement en France : la guerre de cent ans qui de 1337 à 1453 semait partout le deuil, la ruine et la tristement célèbre peste noire apparue en Europe au milieu du 14ème siècle. Plus de la moitié de la population de l'Europe - dit-on - fut emportée par cette épidémie. Vincent Ferrier a donc vécu dans cette société qui avait la hantise de la peste et de la mort, mais nommé « légat du Christ », ce titre lui donne des ailes, il quitte Avignon et entame sa vie de prédicateur itinérant qui durera vingt ans : il parcourt l'Espagne, le sud-ouest de la France, les Alpes Dauphinoises, l’Italie du Nord, la Suisse, quelques provinces d'Allemagne, la vallée du Rhône, le centre de la France pour terminer sa course en Bretagne. Il ne connaît ni trêve ni repos et parcourt tous ces pays à pied et sur une ânesse lorsque l'âge et la fatigue l'y auront contraint...  (à suivre : son séjour en Bretagne)

Histoire de la paroisse - 2 - 2018

Depuis son installation, Jean-Louis nous a communiqué quelques précisions sur sa nouvelle mission. Il a été intronisé le 4 novembre, responsable de la paroisse et du secteur d'Ambolotara. Un délégué de l'évêque d'Antsirabé présidait la cérémonie qui débuta à 9h. Plus de mille fidèles venus très tôt, avaient tenu à y assister après avoir, pour la plupart, dû faire plus de 10 kms de marche. Avant l'office religieux, il y eu des confessions, des récitations du rosaire, des processions, le tout en plein air bien sûr.

DSCN1271DSCN1281

Comme cela s'est fait chez nous pour la venue du Père Sanctus, le représentant de l'évêque lui remit la clé de son église et le revêtit d'une chasuble en signe de sa nouvelle fonction. Il lui rappela qu'il devait être « homme de confiance et de foi, de gestion et de communication, devant tout connaître mais non tout faire, avec obligation d'être toujours meilleur, toujours premier, toujours à temps, toujours à l'œuvre, toujours là et toujours joyeux, toujours en quête d'apprendre »...

La cérémonie, concélébrée, dura trois heures ! Puis ce fut le moment des cadeaux, un de la part de chacune des seize « chapelles » formant cette communauté et pour clôturer, un repas convivial pour les délégations. Ce fut nous dit Jean-Louis, « une journée inoubliable dans ma vie et dans celle de ma paroisse, j'ai été très ému ».

Après de nombreuses tracasseries avec les services de la douane Malgache, il put réceptionner son container. Il fit de nombreux heureux en distribuant la lingerie, le matériel scolaire, les livres… Jean-Louis nous demande de remercier encore toutes les personnes grâce auxquelles cet envoi a pu être effectué : les donateurs, ceux et celles qui ont conditionné le matériel, chargé le container …

DSCN1346DSCN1361

Depuis sa prise de fonction, sa première mission est de faire connaissance avec ses paroissiens disséminés sur cette grande étendue de 300 km². Avec son vicaire, ils se partagent le travail, car il faut visiter seize paroisses. Durant les fêtes de Noël, ils ont pu en visiter quatre. Ce ne fut pas facile, la saison des pluies rendant beaucoup de routes difficilement praticables. La moto est leur meilleur moyen de locomotion. Lors de ces visites ils rencontrent le maximum de fidèles, les laïcs engagés, administrent les sacrements de baptême, de mariages, des malades, visitent les infrastructures, les écoles qui posent problème par manque de moyens financiers.

« J'ai perdu 4 kilos, c'est bon pour la santé et tout va bien ! » nous dit Jean-Louis.

Histoire de la paroisse - 1 - 2018

Le Père Jean-Louis nous a quittés il y a plus de trois mois, mais il n'oublie pas Caudan et nous donne régulièrement de ses nouvelles. Il a refoulé le sol de sa grande île le 19 septembre et après de nombreuses et longues tracasseries administratives, il a pu enfin récupérer la totalité de ses bagages.

Il a pris officiellement la fonction de « Directeur du district » religieux d'Ambolotara, dans la paroisse d'Antsirabé. Cette paroisse comprend sept zones, elles-mêmes constituées de districts. Celui de Jean-Louis fait partie de la zone de Betafo. Du district d'Ambolotara dépendent seize chapelles (équivalent de nos paroisses locales), disséminées sur cette région des hauts plateaux, d'une longueur de 20 kilomètres sur 15 de large.

DSCN1275 

Actuellement, c'est la saison des grandes chaleurs (atténuées chez Jean-Louis du fait de l'altitude, 1500 mètres) et de pluies abondantes, propices aux plantations, celle du riz en particulier, principale richesse de cette région. La superficie en riz dépasse les 60 % de la superficie totale travaillée. À mesure que l'on monte en altitude, les variétés diminuent, se raréfient ; les rendements s'en ressentent et sont tributaires de la distribution de l'eau qui reste des plus anarchiques, souvent limitée et source de conflits entre hameaux et paysans voisins. Ceux-ci ont conscience de l'insuffisance des superficies réservées aux cultures sèches, celle de l'herbe pour le bétail en particulier. Ils sont obligés d'aller en chercher assez loin dans les montagnes environnantes.

En plus du riz, on plante aussi du maïs, des haricots et surtout une grande variété de pommes de terre, la patate douce. C'est le moment de récolter les fruits, pêches, abricots, litchis. Cette saison est une étape difficile pour la nombreuse population, c'est le temps de la « soudure » entre les plantations et la récolte future, période marquée par une grande insuffisance alimentaire, une malnutrition surtout chez les plus jeunes.

Un des gros problèmes de cette région est l'éloignement et la médiocrité des voies de communication. Les paysans sont tributaires des charretiers qui achètent à des prix très bas. La période de pluies actuelle n'arrange rien, rendant les routes et les pistes souvent impraticables, transformées en cours d'eau qu'il faut détourner. Le moyen de locomotion le plus pratique est la moto et Jean-Louis l'utilise régulièrement quand il ne reste pas embourbé comme il lui arrive souvent !

DSCN1287 (1)

Il habite un presbytère qu'il partage avec son vicaire et un frère stagiaire, sur un terrain de plus d'un hectare. Il a donc de la place pour élever dix moutons, une douzaine de volailles, cinq oies, et il a gardé un petit coin potager. Son électricité est fournie par des panneaux solaires, cette source d'énergie est insuffisante pour tous les besoins, et ne sert que pour l'éclairage (partiel) du bâtiment... (à suivre)

Histoire de la paroisse - 10 - 2017

1er novembre : la Toussaint

Comme dans les autres paroisses, en ce premier jour de novembre, nous avons l'espace d'un instant, fait taire nos préoccupations du moment pour tourner nos pensées vers celles et ceux qui nous ont précédé et auxquels nous attachent des liens de sang et d'affection. Nous avons fait parfois de longs kilomètres pour aller fleurir la tombe de nos parents et de nos proches.

La messe de 10h30 fut célébrée par notre recteur, le Père Sanctus. Cette célébration de tous les saints nos frères, fut suivie par de très nombreux fidèles témoignant ainsi par leur présence de l'espérance chrétienne devant la mort. L'après-midi, à l'occasion des Vêpres, nous avons prié pour tous les défunts et plus spécialement pour ceux de notre paroisse décédés depuis le 1er novembre dernier, particulièrement nombreux cette année. On en compte en effet soixante, chiffre jamais encore atteint du moins ces dix dernières années (quarante-cinq en 2015, quarante-quatre en 2016…).

La proximité de notre cimetière permet de s'y rendre en procession et nous nous sommes mis en chemin en chantant « Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi, ils sont chemins vers Dieu… ». Le Père Sanctus bénit la croix, les paroissiens présents et le cimetière, véritable pépinière de fleurs, puis la foule put s’éparpiller parmi ses tombes et s'y recueillir.

« Saints et saintes de Dieu dont la vie et la mort ont crié Jésus Christ sur les routes du monde,
Saints et Saintes de Dieu priez pour nous »

 

11 novembre : Une journée pour se souvenir

1917-2017. Une autre cérémonie commémorative s'est déroulée chez nous le 11 novembre, à l'occasion du 99ème anniversaire de l'armistice de 1918, qui mettait fin à cette guerre meurtrière de quatre années.

SAM 0528

Le défilé officiel quitta la place de la mairie pour se rendre à l'église et assister à la messe de 10h30, célébrée par le Père Sanctus. Dans son homélie il nous rappela que « nous devons d'abord nous souvenir de tous ces hommes, jeunes, qui ont donné leur vie pour la patrie, pour la paix ; nous leur devons notre reconnaissance après cette guerre qui fut plus facile à commencer qu'à se terminer. Aimez-vous les uns les autres nous dit St Jean dans l’évangile, saluez-vous les uns les autres par un baiser de paix nous rappelle St Paul dans la première lecture ».

SAM 0534

Après la messe, bien suivie et vivante, le défilé se rendit au cimetière devant le monument aux morts 1914-1918 pour une cérémonie officielle : lecture de messages, remise de décoration, chant de « La Marseillaise », et un rappel des évènements militaires majeurs de cette année 1917, troisième année de guerre, « l’année du doute », marquée par des combats suicidaires au chemin des Dames, dans la boue des Flandres, occasionnant des dizaines de milliers de morts. La commune de Caudan déplore la perte de onze de ses enfants cette année-là, au combat ou par suite de blessures. Des mutineries ont éclaté dans les régiments, les soldats ont accepté des sacrifices mais avaient l'impression trop souvent d’être inutiles. Ils étaient loin de se douter que cette guerre durerait hélas encore une année.

23 septembre 2017 : Au revoir Jean-Louis... Bienvenue Sanctus

 Notre paroisse vient de changer de pasteur. Jean-Louis nous a quittés le 19 septembre, il a retrouvé son île de Madagascar. Après quelques jours de repos, il a rejoint sa nouvelle affectation du district d'Ambolotara, un des vingt-quatre districts du diocèse d'Antsirabé.

Nous avons fêté l'arrivée de Sanctus le samedi suivant, 23 septembre, lors de la messe de 18h30. Cette cérémonie a débuté sur le parvis de l'église, par la remise de la clé de l'église par Monsieur le Maire, Gérard Falquérho, geste symbolique du propriétaire au désormais nouvel affectataire, auquel Monsieur le Maire a présenté rapidement sa commune : sa situation géographique, sa population, ses activités, en particulier la zone industrielle de Kerpont.

Sanctus

Le père Gwenaël Maurey, curé Archiprêtre du doyenné de Lorient-Lanester-Caudan présidait la cérémonie religieuse qu'il débuta par une présentation du père Sanctus :

« C'est avec joie, Sanctus, que je t'accueille ici, à Caudan, comme administrateur de cette paroisse. Tu nous viens d'un pays du cœur de l’Afrique noire qui a son histoire, ses cultures. Nous avons beaucoup à recevoir de Sanctus et de tous ces Chrétiens qui viennent d'Afrique. Je constate que la communauté chrétienne africaine devient importante sur notre doyenné. C'est sans doute un signe pour nous d'améliorer nos relations entre paroisses, mouvements et services pour être toujours plus accueillants à tous. Sanctus, tu es nommé sur Caudan, mais dans un doyenné. Au nom de notre évêque, je te confie cette paroisse. Reçois cette charge de pasteur pour guider le Peuple de Dieu dans la prière, l'annonce de la Parole de Dieu et le service des frères, en particulier des plus pauvres. Et je fais un vœu, puisque nous sommes dans le même doyenné, que nous sachions travailler toujours plus ensemble avec tous les prêtres du doyenné qui se joignent à moi pour te souhaiter la bienvenue. Reçois donc cette chasuble, signe de ta charge... ».

Après le Père Maurey et au nom des paroissiens, Jacques Pencréac'h souhaita la bienvenue au Père Sanctus et lui fit une courte présentation de sa nouvelle paroisse, et tout d'abord de l'église, propriété de la commune : son origine, sa consécration en avril 1962. Sanctus en devient le sixième affectataire après les abbés Lancelot, Louis Corvec, Hazevis, Jean Postic et Jean-Louis Razafindrakoto ; le presbytère, propriété de l'association diocésaine, les deux écoles, Saint Joseph et Sainte Anne, les chapelles du Trescouët et du Nelhouët, les trois EHPAD situés sur la commune et dans lesquelles la paroisse est appelée à intervenir.

Après l'immobilier il lui rappela brièvement la réalité de notre Église : sa fréquentation dominicale, les sacrements, les mouvements et services, « une paroisse heureuse de vous accueillir et de voir son presbytère occupé. Soyez assuré de notre soutien et de notre collaboration la plus efficace et la plus amicale possible. Bon, long et fructueux ministère père Sanctus ».

Le père Sanctus prit ensuite la parole pour d'abord remercier Dieu de ses bienfaits. Il adressa ses remerciements à Mgr Centène pour la confiance qu’il lui témoigne en lui accordant cette charge, à Monsieur le Maire et ses conseillers, à ses nouveaux paroissiens de Caudan :

« Je suis avec vous pour cheminer ensemble et parvenir au salut des âmes ».

Il remercia aussi ses confrères, ses amis présents à cette installation et ceux qui, empêchés, n'avaient pu être là. Il n'oublia pas les paroissiens de Naizin et du secteur de Locminé d’où il vient, où il a exercé son ministère durant six années.

Puis ce fut la signature de la fiche de prise de possession canonique, procès-verbal officiel de cette nomination par son Excellence Mgr l'évêque de Vannes du père Sanctus Ngongo administrateur de la paroisse de Caudan.

SAM 0923

« Tu es le Dieu des grands espaces et des larges horizons...
Tu es le Dieu des longues routes, des chemins vers l'infini. »

C'est par ce chant d'envoi que se termina cette messe d'accueil, à l'issue de laquelle tous les participants furent conviés à partager le pot de l'amitié à la salle des fêtes de la mairie, excellente occasion de faire connaissance, de partager avec des paroissiens d'un autre secteur que celui qui nous est familier.

Histoire de la paroisse - 8 - 2017

 Comme tous les ans durant ce mois d'août, nous avons été fidèles à nos pardons traditionnels, celui du Trescouët le 6 août et celui du Nelhouët le 27 août. C'est notre recteur Jean-Louis qui, pour une dernière fois, a présidé ces deux pardons.

SAM 0459SAM 0460

Au Trescouët, la tradition fut respectée : messe à la chapelle, comme toujours superbement fleurie et aménagée par des fidèles bénévoles, courte procession dans l’hôpital, distribution du gâteau breton béni (toujours aussi bon…). L'Église, ce dimanche-là, célébrait la transfiguration de Jésus : « Cette Eucharistie peut être une halte rafraîchissante avec Jésus sur la montagne, mais une fois terminée, il nous faut retourner à nos tâches quotidiennes. Le Christ nous en donne le courage », nous rappela Jean-Louis ; occasion de demander à Notre Dame de la Force, cette énergie nécessaire pour notre vie de chaque jour.

Durant toute cette journée, un « troc et puces » a enregistré 800 entrées. Une partie de ces bénéfices était destinée à l'association « Les Enfants de l'Espoir » qui accueille, à Guidel, une dizaine d'adultes handicapés moteurs, handicapés mentaux, autistes ou polyhandicapés.

P1050657P1050663

Le dimanche 27, ce fut à la chapelle du Nelhouët d'accueillir les fidèles pour la messe du pardon concélébrée par le père Jean-Louis et un abbé franciscain, membre de la famille du président de l'association des « Amis de la chapelle de Notre Dame de Vérité », une association qui fêtait son 45ème anniversaire. Grâce à cette association, la chapelle fut restaurée et les bénéfices de cette fête de quartier permettent d'embellir et d'entretenir l'intérieur. Après la messe et la traditionnelle distribution du gâteau béni, (toujours excellent…) les fidèles furent invités à la procession en direction de la fontaine, située au cœur de la campagne à quelques centaines de mètres de la chapelle, une magnifique fontaine, toute garnie de fleurs. C'est sous un soleil radieux et généreux que le père Jean-Louis donna la bénédiction aux nombreux fidèles venus derrière leurs bannières. Un repas champêtre fut servi midi et soir et toute l'après-midi des animations, jeux divers pour grands et petits occupèrent les visiteurs. Cette journée était également dédiée au docteur Branthomme, fondateur de l'association et décédé en juillet 2015.

« Intron varia er huirioné, beneguet ni é peb amzer. »
« Notre Dame de Vérité, bénissez-nous à chaque instant. »

Histoire de la paroisse - 7 - 2017

15 septembre 2013 - 17 septembre 2017 : quatre années au service de la paroisse de Caudan dans le cadre de « Fidei Donum », le don de la foi. Par ces deux mots, le Pape Pie XII invitait les diocèses riches en nombre de prêtres à mettre à disposition de diocèses plus pauvres quelques pasteurs pour une expérience pastorale et pour un temps donné. Par décision commune des évêques d'Antsirabé et de Vannes, Jean-Louis cesse d'exercer son ministère chez nous et retourne dans sa « grande île ».

Madagascar 1

Il est désigné pour le district d'Ambolotara, ville située à l'ouest et à trente km, à « vol d'oiseau » d'Antsirabé. Pour y accéder il faut en faire dix de plus, vingt-cinq d'abord par une route nationale et quinze ensuite en empruntant une piste sommairement aménagée ; le vent, fort dans cette région, ne permet pas à la terre d'adhérer aux pavés, laissant ainsi cette piste découverte à plusieurs endroits rendant la circulation extrêmement difficile, sans compter les inondations nécessitant des contournements en période des pluies.

Région essentiellement agricole, on y cultive la pomme de terre, le maïs, les carottes, les choux (réputés), des arbres fruitiers : la pomme « kaki », la pêche pour la consommation courante et aussi pour la fabrication de jus de fruits. Ces produits sont vendus sur les marchés environnants et même jusqu'à celui de la capitale Antsirabé. Pour se rendre à ce dernier, il faut partir la veille et cheminer toute la nuit, en charrette tirée par deux zébus, pour arriver le plus tôt possible et déballer aux premières heures du jour !

Ambolotara est situé à 1600 mètres d'altitude. En saison sèche (de mai à octobre) il fait donc très froid, il n'y a pas d'électricité ; seul le bois permet le chauffage, et l'éclairage se fait à l'aide de bougies et de lampes à pétrole. Les rares groupes électrogènes sont surtout utilisés pour la sécurité. La population est de 30 000 habitants répartis sur trois quartiers principaux : 60 % sont catholiques, 10 % protestants, 30 % animistes et autres.

Le diocèse d'Antsirabé compte sept grandes zones paroissiales. Celle de Jean-Louis est elle-même divisée en trois districts, dont celui d'Ambolotara. C'est donc ici que Jean-Louis va poursuivre son apostolat. Il remplacera le Père Éric qui est lui-même désigné dans un diocèse français où les prêtes Malgaches ne sont pas encore implantés. On l’appellera « directeur ». Il aura à sa disposition un presbytère et sera aidé par un jeune vicaire nouvellement ordonné. Une employée vaquera aux tâches ménagères et un paroissien s'occupera du jardin potager, du verger, et de la basse-cour. Une congrégation de sœurs de Fatima implantée sur place s'occupe de la catéchèse, de l'animation liturgique, et aussi d'un dispensaire, bien utile et fort apprécié. Sur toute la zone, on dénombre 12 écoles primaires catholiques, 5 secondaires et un lycée à Ambolotara-centre (2 000 élèves environ).

En plus de cette agglomération importante, ce district comporte quinze chapelles (plus petites paroisses) elles-mêmes regroupées autour de cinq plus importantes, appelées chapelles centrales ; elle couvrent une surface de 374 km², d'où des distances qui nécessitent donc de longs et difficiles déplacements, en voiture dans le meilleur des cas quand l'état des pistes le permet, en moto ou à pied autrement, obligeant ainsi à marcher plusieurs heures pour rendre visite en urgence à un malade par exemple…

Vu cette étendue, il a fallu organiser un planning de visites pastorales par roulement dans ces chapelles centrales, à raison de deux ou trois visites par an. Une telle visite s'échelonne sur trois jours en fin de semaine. Les vendredis et samedis sont consacrés à l'administration des sacrements, en particulier les baptêmes. On y dénombre beaucoup de familles nombreuses et c'est par centaines que les enfants sont baptisés. Les mariages débutent très tôt le matin pour faire en sorte qu'ils puissent tous être tous célébrés dans la même journée. Le dimanche, c'est la messe solennelle traditionnelle avec le faste qu'on lui connaît : une foule qui chante et qui danse en priant. C'est un vaste chantier qui attend Jean-Louis… Nous lui souhaitons de tout cœur bonne chance.

Cette présence de Jean-Louis durant ces quatre années atteste de la solidarité en Église. Notre diocèse de Vannes bénéficie d'une longue tradition missionnaire. Elle répond au commandement du Seigneur dans l'évangile : « Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle ».

Histoire de la paroisse - 6 - 2017

Généralement l'île de Madagascar connaît deux saisons : une saison des pluies, humide et très chaude, de novembre à avril et une saison sèche, plus fraîche, de mai à octobre. Les hauts plateaux de centre de l'île auxquels nous nous intéressons enregistrent parfois des températures négatives, et la saison de pluies est bienvenue et propice aux plantations de riz, maïs, pommes de terre. Considérés comme le toit de Madagascar, ces hauts plateaux abritent le « grenier » de l'île. Ils sont parsemés de champs maraîchers, de rizières et de vignobles.

C'est ici qu'on retrouve Ampotaka, le village de Jean-Louis. Durant cette saison humide, les cours d'eau sont bien alimentés et celui qui traverse ce village permet aux animaux domestiques de se désaltérer ; les puits produisent suffisamment d'eau potable nécessaire à la vie courante de ses habitants. En saison sèche par contre, ces puits sont souvent plus ou moins taris et il faut alors chercher de l'eau ailleurs, à plus d'un kilomètre, où une source en produit en quantité régulière et suffisante, mais il faut y aller à pied, avec des seaux qu'on porte sur la tête au retour, à travers des herbes hautes car il n'y a pas de route pour les charrettes !

Depuis longtemps, un projet avait vu le jour pour relier le village à cette source, les autorités locales étaient d'accord mais il fallait trouver un financement. Jean-Louis en prit l'initiative et, grâce à sa générosité, les travaux purent débuter à l'occasion de ses congés de l'été dernier, qu'il consacra entièrement à cette opération.

Après réception des matériaux nécessaires, toute la population s'y attela de bon cœur. Il fallut d'abord bien localiser ce point d'eau et le matérialiser pour éviter le maximum de perte.

1DSCN07122DSCN07233DSCN07734DSCN0912

La deuxième opération consistait à mener cette eau jusqu'à une réserve, un château d'eau, pour obtenir une pression suffisante. On utilisa des tuyaux de 40 mm sur une distance de 100 mètres dans des canalisations creusées à la main. Nous sommes en saison sèche sans pluie, et il y a de la poussière ! Un château d'eau d'une capacité de 3 m³ fut donc construit. Une fois terminé, ce château d'eau méritait bien une bénédiction ! N'est-ce pas Jean-Louis ?

À partir de là, l'eau fut canalisée par tuyaux de 20 mm jusqu'aux postes de distribution dans le village et l'inauguration put se faire à la grande joie des villageois, une eau pure et propre à la consommation. Et Jean-Louis put procéder à la bénédiction. Le maire et son conseil municipal avaient approuvé le projet mais refusèrent de le financer ; aussi seul l'adjoint aux travaux fut invité à cette cérémonie !

5DSCN09206DSCN0919

Aujourd'hui, la distribution de l'eau se fait dans d'excellentes conditions. Les postes de distribution sont ouverts à certaines heures le matin et le soir pour éviter tout gaspillage. Un comité de l'eau s'est institué. Chaque utilisateur verse sa cotisation annuelle afin d'assurer l'entretien de cette belle et combien utile réalisation !