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Les articles "Histoire de la paroisse" sont extraits du Clocher et rédigés par Jacques Pencréa'ch.

Histoire de la paroisse - 7 - 2017

15 septembre 2013 - 17 septembre 2017 : quatre années au service de la paroisse de Caudan dans le cadre de « Fidei Donum », le don de la foi. Par ces deux mots, le Pape Pie XII invitait les diocèses riches en nombre de prêtres à mettre à disposition de diocèses plus pauvres quelques pasteurs pour une expérience pastorale et pour un temps donné. Par décision commune des évêques d'Antsirabé et de Vannes, Jean-Louis cesse d'exercer son ministère chez nous et retourne dans sa « grande île ».

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Il est désigné pour le district d'Ambolotara, ville située à l'ouest et à trente km, à « vol d'oiseau » d'Antsirabé. Pour y accéder il faut en faire dix de plus, vingt-cinq d'abord par une route nationale et quinze ensuite en empruntant une piste sommairement aménagée ; le vent, fort dans cette région, ne permet pas à la terre d'adhérer aux pavés, laissant ainsi cette piste découverte à plusieurs endroits rendant la circulation extrêmement difficile, sans compter les inondations nécessitant des contournements en période des pluies.

Région essentiellement agricole, on y cultive la pomme de terre, le maïs, les carottes, les choux (réputés), des arbres fruitiers : la pomme « kaki », la pêche pour la consommation courante et aussi pour la fabrication de jus de fruits. Ces produits sont vendus sur les marchés environnants et même jusqu'à celui de la capitale Antsirabé. Pour se rendre à ce dernier, il faut partir la veille et cheminer toute la nuit, en charrette tirée par deux zébus, pour arriver le plus tôt possible et déballer aux premières heures du jour !

Ambolotara est situé à 1600 mètres d'altitude. En saison sèche (de mai à octobre) il fait donc très froid, il n'y a pas d'électricité ; seul le bois permet le chauffage, et l'éclairage se fait à l'aide de bougies et de lampes à pétrole. Les rares groupes électrogènes sont surtout utilisés pour la sécurité. La population est de 30 000 habitants répartis sur trois quartiers principaux : 60 % sont catholiques, 10 % protestants, 30 % animistes et autres.

Le diocèse d'Antsirabé compte sept grandes zones paroissiales. Celle de Jean-Louis est elle-même divisée en trois districts, dont celui d'Ambolotara. C'est donc ici que Jean-Louis va poursuivre son apostolat. Il remplacera le Père Éric qui est lui-même désigné dans un diocèse français où les prêtes Malgaches ne sont pas encore implantés. On l’appellera « directeur ». Il aura à sa disposition un presbytère et sera aidé par un jeune vicaire nouvellement ordonné. Une employée vaquera aux tâches ménagères et un paroissien s'occupera du jardin potager, du verger, et de la basse-cour. Une congrégation de sœurs de Fatima implantée sur place s'occupe de la catéchèse, de l'animation liturgique, et aussi d'un dispensaire, bien utile et fort apprécié. Sur toute la zone, on dénombre 12 écoles primaires catholiques, 5 secondaires et un lycée à Ambolotara-centre (2 000 élèves environ).

En plus de cette agglomération importante, ce district comporte quinze chapelles (plus petites paroisses) elles-mêmes regroupées autour de cinq plus importantes, appelées chapelles centrales ; elle couvrent une surface de 374 km², d'où des distances qui nécessitent donc de longs et difficiles déplacements, en voiture dans le meilleur des cas quand l'état des pistes le permet, en moto ou à pied autrement, obligeant ainsi à marcher plusieurs heures pour rendre visite en urgence à un malade par exemple…

Vu cette étendue, il a fallu organiser un planning de visites pastorales par roulement dans ces chapelles centrales, à raison de deux ou trois visites par an. Une telle visite s'échelonne sur trois jours en fin de semaine. Les vendredis et samedis sont consacrés à l'administration des sacrements, en particulier les baptêmes. On y dénombre beaucoup de familles nombreuses et c'est par centaines que les enfants sont baptisés. Les mariages débutent très tôt le matin pour faire en sorte qu'ils puissent tous être tous célébrés dans la même journée. Le dimanche, c'est la messe solennelle traditionnelle avec le faste qu'on lui connaît : une foule qui chante et qui danse en priant. C'est un vaste chantier qui attend Jean-Louis… Nous lui souhaitons de tout cœur bonne chance.

Cette présence de Jean-Louis durant ces quatre années atteste de la solidarité en Église. Notre diocèse de Vannes bénéficie d'une longue tradition missionnaire. Elle répond au commandement du Seigneur dans l'évangile : « Allez par le monde entier proclamer la bonne nouvelle ».

Histoire de la paroisse - 6 - 2017

Généralement l'île de Madagascar connaît deux saisons : une saison des pluies, humide et très chaude, de novembre à avril et une saison sèche, plus fraîche, de mai à octobre. Les hauts plateaux de centre de l'île auxquels nous nous intéressons enregistrent parfois des températures négatives, et la saison de pluies est bienvenue et propice aux plantations de riz, maïs, pommes de terre. Considérés comme le toit de Madagascar, ces hauts plateaux abritent le « grenier » de l'île. Ils sont parsemés de champs maraîchers, de rizières et de vignobles.

C'est ici qu'on retrouve Ampotaka, le village de Jean-Louis. Durant cette saison humide, les cours d'eau sont bien alimentés et celui qui traverse ce village permet aux animaux domestiques de se désaltérer ; les puits produisent suffisamment d'eau potable nécessaire à la vie courante de ses habitants. En saison sèche par contre, ces puits sont souvent plus ou moins taris et il faut alors chercher de l'eau ailleurs, à plus d'un kilomètre, où une source en produit en quantité régulière et suffisante, mais il faut y aller à pied, avec des seaux qu'on porte sur la tête au retour, à travers des herbes hautes car il n'y a pas de route pour les charrettes !

Depuis longtemps, un projet avait vu le jour pour relier le village à cette source, les autorités locales étaient d'accord mais il fallait trouver un financement. Jean-Louis en prit l'initiative et, grâce à sa générosité, les travaux purent débuter à l'occasion de ses congés de l'été dernier, qu'il consacra entièrement à cette opération.

Après réception des matériaux nécessaires, toute la population s'y attela de bon cœur. Il fallut d'abord bien localiser ce point d'eau et le matérialiser pour éviter le maximum de perte.

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La deuxième opération consistait à mener cette eau jusqu'à une réserve, un château d'eau, pour obtenir une pression suffisante. On utilisa des tuyaux de 40 mm sur une distance de 100 mètres dans des canalisations creusées à la main. Nous sommes en saison sèche sans pluie, et il y a de la poussière ! Un château d'eau d'une capacité de 3 m³ fut donc construit. Une fois terminé, ce château d'eau méritait bien une bénédiction ! N'est-ce pas Jean-Louis ?

À partir de là, l'eau fut canalisée par tuyaux de 20 mm jusqu'aux postes de distribution dans le village et l'inauguration put se faire à la grande joie des villageois, une eau pure et propre à la consommation. Et Jean-Louis put procéder à la bénédiction. Le maire et son conseil municipal avaient approuvé le projet mais refusèrent de le financer ; aussi seul l'adjoint aux travaux fut invité à cette cérémonie !

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Aujourd'hui, la distribution de l'eau se fait dans d'excellentes conditions. Les postes de distribution sont ouverts à certaines heures le matin et le soir pour éviter tout gaspillage. Un comité de l'eau s'est institué. Chaque utilisateur verse sa cotisation annuelle afin d'assurer l'entretien de cette belle et combien utile réalisation !

Histoire de la paroisse - 5 - 2017

Intéressons-nous ce mois-ci à la pratique religieuse dans la province Malgache d'Antsirabé. Les Catholiques représentent entre 50 et 55 % de la population, l'autre partie est partagée entre l’Église Luthérienne, l'Église Anglicane et la religion Animiste.

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Dans la préfecture (Antsirabé), on trouve six paroisses, chacune étant présidée par un recteur assisté de trois à quatre vicaires, aidés par un conseil pastoral. Ensemble, ils prennent les décisions importantes pour le bon fonctionnement de leur paroisse, chacune gardant sa propre gestion. Plus en aval, ce diocèse comporte une trentaine de « districts » (doyennés de chez nous) avec presbytère, recteur appelé directeur, et deux à trois vicaires ; et, dépendant de cette autorité, de plus petites communautés de fidèles, les « chapelles » ou paroisses, très nombreuses dans certains secteurs. Dans le diocèse on recense près de neuf cent « chapelles », celle de Jean-Louis s'appelle Ampotaka. Seules les plus importantes possèdent une église, et la sienne en a une. On peut dire que c'est à son initiative qu'elle fut construite tout récemment. En effet elle fut consacrée en avril 2013, quelques mois seulement avant son arrivée en septembre de la même année à Caudan. La construction de cette église débuta en 2012, et Jean-Louis se démena pour trouver les premiers financements : dix mille dollars près de « mission d’Allemagne ». Cette somme lui permit d'acheter les matériaux indispensables. Ces hauts plateaux du centre de l'île ont des sous-sols granitiques et donc de nombreuses carrières dans lesquelles on a pu extraire les pavés pour la construction des murs. Le ciment, la boiserie et les équipements furent achetés à la capitale et transportés par charrettes jusqu'au village. La main d'œuvre fut fournie bénévolement par tous les paroissiens de ce village, terrassements, peinture, toute la population s'est investie, des plus jeunes aux plus vieux.

Rappelons qu'à cette époque le Père Jean-Louis occupait le poste d'économe diocésain (de 2008 à 2013). En plus de cette charge, il était aumônier d'une petite paroisse d'expression française d'Antsirabé et d'une maison de retraite qui accueillait les Français de cette région. Auparavant il avait longtemps exercé en paroisse rurale, et en connaît donc bien le fonctionnement. Seules, les « chapelles » importantes ont un prêtre. Ailleurs, ce sont des catéchistes (deux par chapelle) qui assurent la célébration de la Parole. Le prêtre responsable du district effectue deux à trois tournées dans l'année au cours desquelles il administre les sacrements, et c'est ainsi que chaque fois, ce sont des centaines d'enfants qu'il baptise en même temps ; les mariages sont célébrés à des jours fixes au district, et là aussi cette cérémonie occupe toute la journée ! Quant aux obsèques, le prêtre se déplace suivant ses disponibilités et aussi (surtout...) selon la notoriété du défunt !

La vie matérielle du clergé dépend de la bonne volonté et de la générosité des paroissiens : paroisse riche ₌ clergé riche, paroisse pauvre ₌ clergé pauvre... comme chez nous avant la mise en place de la péréquation diocésaine, instaurée par Mgr Boussard, évêque de Vannes de 1964 à 1991...

Histoire de la paroisse - 4 - 2017

Élargissons notre horizon, franchissons mers et montagnes sur près de 10 000 kms, pour arriver sur l'île de Madagascar en plein océan Indien. Cette île est divisée en six provinces dont le centre principal porte le même nom que sa province. Celle qui nous intéresse plus spécialement, est celle d’Antsirabé dont la préfecture, Antsirabé, est située au centre est de l'ile à 1500 mètres d'altitude.

Cette province comprend des groupements d'agglomérations, une centaine de communes. Le village natal de Jean-Louis fait partie d'une de ces communes, c'est le village Antambahomena (clôture rouge).

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Pour le situer plus aisément : Antananarivo, la capitale, et Antsirabé sont distants de 160 kms ; à mi-chemin, au kilomètre 80, une ville importante s'est développée et c'est à 10 kms de cette ville qu'on trouve ce village. Pour y accéder, il n'y a que des pistes, (chemins de terre) plus ou moins praticables, du moins en saison des pluies où il faut traverser des terres inondées, faire des passages de fortune. Les moyens de locomotion sont les taxis-brousse (souvent des 404) équipés à l'arrière de plateforme bâchée avec un banc de chaque côté et un espace au milieu pour les bagages, poules, canards plus nombreux que les passagers les jours de marché… sous la conduite de chauffeurs intrépides et pressés ! On trouve aussi des motos-brousse et de simples vélos. Le prix du litre d'essence avoisine l'euro. Le salaire moyen mensuel étant de 100 euros, on trouve très peu de voitures hormis les véhicules utilitaires (transports, camions) ; par contre, les motos venues de Chine sont moins chères et plus nombreuses.

Ce village, essentiellement agricole, se compose d’environ 20 familles pour une population de 120 personnes, en majorité des jeunes. On n'y pratique pas la culture intensive mais une culture artisanale. On n'y trouve pas de machine agricole, le travail se fait à la main. Madagascar est souvent appelée « l'île rouge » du fait de la couleur de sa terre qui doit cette couleur à une forte présence d'hydroxyde de fer. Chaque famille possède son lopin de terre, elle travaille pour ses propres besoins, elle vend l'excédent sur les nombreux marchés des villages environnants... il y en a tous les jours de la semaine. On y cultive surtout le riz, (nourriture principale), le maïs, le blé, la pomme de terre. On y fait aussi un peu d'élevage : le zébu (bœuf à bosse), bovidé domestique utilisé pour les travaux des champs et la nourriture, et beaucoup de volailles.

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Cette région est soumise à deux saisons climatiques : la saison des pluies, d'octobre à avril, avec de brefs mais violents orages, quelques cyclones en janvier-mars qui, heureusement, restent souvent sur la mer. Avec ce climat de type tropical les températures peuvent varier de 15 à 35 degrés. Et de mai à septembre, la saison sèche et froide sur ces terres élevées où l'on note parfois de températures négatives, des gelées et du givre.

Dans ce village, il n'y a pas d'électricité. L'éclairage se fait à l'aide de lampes à pétrole, de bougies. Les panneaux solaires commencent timidement à faire leur apparition, mais leur coût limite leur installation. On fait la cuisine et on se chauffe au bois d'eucalyptus, de pin ou de mimosa. Mais toutes les maisons n’ont pas de cheminées !... 

Histoire de la paroisse - 3 - 2017

« Une cloche sonne, sonne… sa voix d'écho en écho... », chantait Édith Piaf. Toutes les cloches ont une longue histoire. Celles de notre ancienne église aussi. Elles furent brisées en août 1944 lors du dynamitage de la tour, mais les morceaux essentiels purent être récupérés dans les gravats. Ils furent refondus pour donner, avec l'apport de métal supplémentaire, trois de nos cloches actuelles (les trois plus petites) en mars 1947. La quatrième, le bourdon, fut acquis et mis à sa place en octobre 1961. Le beffroi qui les supporte a été dessiné par Yves Guillou, l'architecte de l'église. D'aspect harmonieux et ajouré, il laisse entrevoir les cloches.

À elles quatre, elles représentent un poids conséquent, près de quatre tonnes. La structure qui les supporte est donc soumise à de fortes pressions, surtout quand elles sonnent à la volée. Elle doit, de ce fait, faire l'objet d'une surveillance régulière, c'est l'entreprise Bodet d'Angers qui en est chargée. Elle est intervenue dernièrement pour changer les poutres maîtresses, qui supportent l'ensemble (parties plus claires sur la photo ci-dessous), les anciennes étaient encore d'origine, cinquante-cinq années !

 

La tradition chrétienne donne aux cloches un caractère bien particulier en leur affectant un prénom avec parrain et marraine lors d'une cérémonie également appelée baptême. Tous ces noms et prénoms sont gravés dans le métal. Les nôtres n'ont pas échappé à cette tradition. Elles sont commandées électriquement depuis leur mise en service et c'est le samedi 28 octobre 1961 que l'Angélus a sonné une première fois ; « c'est la joie dans tous les cœurs, et l'ambiance de la place en est grandement influencée », note le recteur. Auparavant, dans l'ancien beffroi provisoire, elles étaient actionnées à l'aide de cordes, sur lesquelles les enfants de chœur tiraient de toutes leurs forces et de tout leur corps à l'occasion des baptêmes et mariages avec l'espoir de récolter quelques dragées ou petites pièces !

Pour l’Église les cloches ont deux fonctions : elles font entendre la voix de Dieu et la voix du peuple de Dieu : voix de Dieu, elles convoquent les fidèles pour la prière en annonçant la célébration des offices ; et, voix du peuple, elles font monter vers Dieu l'acclamation des fidèles.

Elles sont aussi un outil de communication, sa sonnerie varie suivant la nature de l'évènement religieux : sonneries joyeuses pour un baptême, un mariage, triste pour un décès en sonnant le glas, volée d'une cloche avec tintements alternés. Elles sonnent aussi l'Angélus ; théoriquement, à Caudan, sauf dérèglement du programme, cette prière est annoncée trois fois par jour : à 7h, 12h et 19h. Un Angélus se compose de trois versets suivis d'un Ave Maria, aussi la sonnerie est caractérisée par trois fois trois coups puis volée de la plus petite cloche durant une minute. Elles rythment aussi notre vie profane par la sonnerie des heures et des fractions d'heure. Elles ne sonnent pas la nuit (pour ne pas gêner les voisins !). Elles peuvent aussi être utilisées pour annoncer un décès. Cette tradition est aujourd'hui abandonnée, avec toutefois une exception locale : quand une personne voisine ou fidèle à N. D. du Nelhouët décède, la cloche de la chapelle sonne à toute volée pour annoncer la triste nouvelle.

Autrefois, le célère tocsin était sonné pour alerter la population d'un danger affectant la vie de la cité : invasion, incendie, guerre. Le tocsin se compose d'une série rapide de 90 à 120 coups/minute à l'aide d'un martelet. Le 1er août 1914, cette lugubre sonnerie a retenti à travers tout le pays pour annoncer à la population l'ordre de mobilisation générale. Le gouvernement a invité les maires de France à faire sonner le tocsin le vendredi 1er août 2014 pour célébrer le centenaire de cette mobilisation. Certaines cloches (pas celles ce Caudan !) ont sonné à la volée ce jour-là, comme pour annoncer un évènement joyeux ! Notre patrimoine sonore entre dans l'oubli...

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Histoire de la paroisse - 2 - 2017

« À quelque chose malheur est bon » nous dit le proverbe. Revenons brièvement à notre histoire locale : En août 1944, à l'arrivée des premiers Américains à Caudan, l'occupant allemand panique et commet de nombreuses et violentes exactions ; entre autres, il dynamite l'église paroissiale dont il ne restera que des ruines. À la libération, en mai 1945, la France commence à rebâtir grâce aux « dommages de guerre » du Ministère de la Reconstruction. C'est ainsi qu'une nouvelle église fut construite à l'emplacement de l'ancienne, à Caudan. Sa consécration eut lieu le 12 avril 1962.

Chose rare, exceptionnelle aujourd'hui, déduction faite des dépenses afférentes à cette construction, un bilan financier laissa paraître un solde positif de 96 897 F. Qu'en faire ? L'église possédait une tribune mais il n’était pas prévu d'y installer d'orgue. Grâce à la persuasion et à l'obstination d'un vicaire (l’abbé Louis Guillaume), un projet d'acquisition de cet instrument vit le jour. Plusieurs devis en date de 1964 l'attestent. Finalement, un marché de gré à gré fut approuvé par l'administration le 23 février 1965. Il attribuait le chantier au facteur d'orgue Georges Schwenkedel de Strasbourg, qui s'engageait à livrer et monter un instrument neuf en tribune avec console séparée pour une somme de 53 200 F. Ce fournisseur avait un carnet de commandes bien chargé avec, entre autres dans le secteur, les églises St Pie X à Vannes, Saint-Pierre-Quiberon, l'île d'Arz, ce qui pourrait expliquer les retards de livraison. Un courrier municipal en date du 15 juillet 1968 (trois années quand même depuis la décision), signé du maire de l'époque M. Jean Gaudin, réclame instamment la livraison de l'orgue en faisant état du préjudice et du mécontentement de la population. De plus, les revalorisations furent fréquentes et l'enveloppe des « dommages de guerre » n'était pas extensible !

L'orgue arriva enfin en gare de Lorient le jeudi 3 octobre 1968 et son montage commença dès le lendemain. Le concert inaugural eut lieu le 22 décembre de la même année et c'est M. Félix Moreau, titulaire honoraire de la Cathédrale de Nantes, qui tenait les orgues. On imagine que la messe de minuit qui suivit revêtit un cachet particulier…

Le prix de revient total se chiffra à 60 673 F. Il restait encore de l'argent dans l'enveloppe financière ! Et c'est ainsi que put être installé le chauffage infrarouge de l'église, alimenté au butane dans un premier temps puis au gaz de ville par la suite. Un reliquat de dépenses de 3 064 F apparut et fut pris en charge par la paroisse.

Durant l'été 1983, un acte de vandalisme fit disparaître 46 tuyaux. Une plainte fut déposée mais l'enquête n'aboutit pas. La manufacture Sévère qui s'occupait de la maintenance les remplaça pour un montant de 19 925 F.

En 1997, un relevage complet de l'instrument s'avéra nécessaire ; visites, expertises, devis furent effectués à l'initiative de M. Jean-Yves Le Juge, professeur de musique et organiste qui assura le conseil et le suivi technique de toutes les opérations. La municipalité approuva le projet du facteur d'orgue Claude Thibaud de Nantes le 29 décembre 1999 et le chantier put démarrer le 6 novembre 2000.

La réception finale des travaux eut lieu le 14 mars 2001, la bénédiction de l'orgue le samedi suivant, le 17 mars.

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Histoire de la paroisse - 1 - 2017

En cette fin d'année 2016, notre communauté paroissiale a déploré le décès de deux prêtres ayant exercé leur vicariat à Caudan : les abbés François Tristan et Clovis Le Priol.

François TristanFrançois fut nommé chez nous en juin 1971. Originaire de Groix, il y est né en juin 1929 et fut ordonné en 1953 puis nommé successivement à Theix, Guémené-sur-Scorff puis Larmor-Plage. Il quitta Caudan en 1978 étant nommé recteur de Sulniac. Il est décédé le 13 octobre dernier à la maison de retraite Saint Joachim.
Dès son arrivée, il prit en charge notre bulletin paroissial, on lui doit l'archivage des bulletins, le premier conservé date d'octobre 1971. François a surtout marqué son ministère par son service envers les jeunes, en tant qu'organisateur des camps de vacances. Quelques anciens bénéficiaires de ces camps ont souhaité témoigner de ces agréables vacances :
« Au revoir François !
Les camps de jeunes ! Quels souvenirs ! Quelle époque ! On était jeune ! 40 ans déjà sont passés…
En effet, dès son arrivée dans la paroisse, il propose aux jeunes de 12 à 18 ans de Caudan et de ses environs, de découvrir les joies des vacances et du camping ; de quelques-uns la première année, avec sa 204 et sa caravane, jusqu'à une centaine par la suite, répartie en deux camps de deux semaines. Toujours des destination différentes et bien choisies sur le plan culturel et géographique :
- en France d'abord : - Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot - les Pyrénées du côté de Lourdes et du cirque de Gavarnie - Aguessac dans l'Aveyron, aux portes des gorges du Tarn - Gérardmer dans les Vosges et Boltzheim en Alsace - La Provence d'Alphonse Daudet, au Mas d'Auge à Fontvielle.
- à l'étranger ensuite : l'Irlande, à Galway aux portes du Connemara avec ses îles d'Aran - l'Espagne, à Castro Urdiales près de Bilbao au pays Basque, puis à Cubellas, près de Barcelone en Catalogne.
La formule était originale : Un directeur - 5 à 6 « monos » (généralement d'anciens colons armés du Bafa) - une infirmière et parfois des accompagnants adultes bénévoles. Les jeunes se répartissaient en groupes de 5 à 10. Ils disposaient de tentes-chalet et canadiennes qu'il leur fallait monter et démonter seuls. Pour les repas, une batterie de cuisine-vaisselle-réchaud à gaz leur était confiée. Enfin pour leur nourriture, un budget à gérer eux-mêmes leur était distribué tous les 3 ou 4 jours. Cette initiation à l'autogestion n'était pas toujours simple et facile, et certains, un peu cigales, se voyaient parfois contraints à demander « l'aumône », alors que d'autres, plus fourmis, pouvaient la leur faire et même s'offrir quelques extras à la crêperie ou ailleurs.
Bon vivant, joyeux, la plaisanterie facile, rieur et aimant faire rire, mais respecté de tous, François, avec une autorité bienveillante et malgré le poids des responsabilités, se plaisait à regarder toute cette jeunesse heureuse de vivre en groupe sans soucis majeurs et constatait souvent que « les plus grands ne sont pas toujours les plus dégourdis ! »
Oui, ce fut pour beaucoup, quinqua et sexagénaires de Caudan et d'ailleurs, l'occasion de nombreuses découvertes et premières fois…
Une fois de retour, ces camps d'été se prolongeaient par le « repas des jeunes » en début décembre réunissant toutes les générations à la salle Hellegouarch, retrouvailles joyeuses et attendues, avec projections de films et échanges de photos. Bien sûr, c'était l'occasion de vivre et revivre de bons moments, mais aussi un moyen d'alimenter la trésorerie en vue de préparer les camps suivants et de réduire le coût pour les familles.
Que de bons souvenirs tu nous as laissés ! François. Souvenirs que ces dernières années, toi malheureusement tu n'avais plus, mais nous, nous les gardons gravés dans nos mémoires. »
Brigitte, Gisèle, Daniel, Yves, quelques « VJ » (Vieux Jeunes) reconnaissants.
NB : Les images prises lors de ces camps ont été numérisées. Les personnes intéressées peuvent s'adresser à Brigitte Guillevic - Kerdréan en Caudan.

Clovis Le PriolClovis fut nommé vicaire instituteur de l'école Sainte Anne en juin 1944. Du fait de la « poche de Lorient », il ne put exercer qu'à la rentrée 1945. Il est né à Baud en juin 1921. Il resta 8 années à Caudan avant de rejoindre l'école du Vœu à Hennebont. Il nous a quittés le 20 octobre dernier et, selon son désir, inhumé dans son caveau de famille de Baud.
À ses débuts, l'école Sainte Anne comportait deux classes avec plusieurs divisions. Il fallut agrandir l'école, et un terrain attenant fut acheté. Ainsi les nombreux élèves purent être scolarisés dans de bonnes conditions. En plus de ses fonctions de directeur et d'enseignant, Clovis fut chargé de suivre la préparation militaire, elle-même assurée par un moniteur du C.E.P de Lorient.
Les jeunes qui suivaient cette préparation voulurent monter une équipe de football ; des bénévoles confectionnèrent des maillots avec du tissu d'occasion, d'autre montèrent des poteaux (sans filet !) : la « Garde du Menhir » était née. Son but (qui figure dans la déclaration à la Préfecture) était de « développer par l'exercice et le sport les forces physiques et morales des jeunes gens, et préparer au pays des hommes robustes et de vaillants soldats... » (N'oublions pas que nous sortions de deux guerres meurtrières). Clovis fut l'organisateur des premières grandes kermesses champêtres, de la création d'un groupe d'enfants de chœur, de la mise sur pied du mouvement des « cœurs vaillants » par des méthodes actives, grands rassemblements inter paroissiaux, défilés dans le bourg.

Clovis et François, deux hommes, deux méthodes mais un même but, une volonté de former les jeunes, chacun à sa façon selon les moyens et l'époque dans laquelle ils vivaient : l'un par l'enseignement à la sortie de la seconde guerre mondiale, l'autre de manière plus ludique et plus libre dans l'après 68 !

Deux paroissiens engagés nous ont également quittés en cette fin d'année 2016 : Bernard Méreur et Denise Le Mentec. Ils avaient tous les deux un point commun, ils étaient encore jeunes. Bernard avait 68 ans, Denise 66 ans.

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Bernard est né à Hennebont en avril 1947. Après quelques années au petit séminaire de Sainte-Anne d’Auray et un changement d’orientation,
il poursuit ses études à l'université de Nanterre et de la Sorbonne nouvelle.
À l'issue de sa carrière professionnelle en relations publiques, il se retire à Caudan à l'âge de la retraite. Titulaire de nombreux diplômes en théologie, il est chargé de cours à l'université Catholique de l'Ouest, et participe à la formation diocésaine de Vannes. Érudit et passionné de lecture religieuse il nous fit partager cette passion en écrivant de nombreux articles dans notre bulletin et en animant des conférences sur les thèmes proposés chaque année par l’Église. Il a aussi fait partie d'une équipe liturgique. Il est décédé le 12 novembre dernier et inhumé au cimetière de Carnel.

Denise est née à Guidel en décembre 1949. Après son mariage avec Charles, elle vint habiter Lamohic et ne tarda pas à débuter son bénévolat sur la paroisse, en plus de ses activités professionnelles. Dès le début des années 90 elle accepta la catéchèse auprès des plus jeunes que lui proposa Danièle Dupuy. Elle le fit pendant plus de vingt ans pour terminer avec Françoise Lacroix. En même temps elle occupa la fonction de « lingère », particulièrement chargée du linge d'autel et occasionnellement de la propreté de l'église, fonction discrète mais combien utile et indispensable pour le bon déroulement du culte. Elle est décédée le 24 novembre dernier.
Toujours en « tenue de service » ils ont tous deux servi Dieu et servi leurs frères.

Que le Seigneur accueille ces bons et fidèles serviteurs !

Histoire de la paroisse - 10 - 2016

Durant leurs congés de cet été, le Père jean louis et son frère Julien ont participé dans leur pays de Madagascar au « famadihana ». Cette cérémonie traditionnelle est aussi appelée « retournement des morts ». C'est une coutume qui consiste à envelopper les défunts dans de nouveaux linceuls de soie afin qu'ils ne prennent pas froid, c'est pour cette raison qu'elle se déroule durant l'hiver de ce pays (juin à septembre). Pour cette opération il faut sortir les corps des tombeaux de pierre dans lesquels ils ont été posés. La pierre chez eux est un élément noble réservé à cet effet. Les tombeaux sont des sortes de mausolée dans lesquels les corps sont posés dans des alvéoles. À l'origine le « famadihana » était pratiqué pour les personnes décédées loin de leur région d'origine à l'occasion de leur rapatriement dans le caveau familial afin qu'ils reposent définitivement près des leurs.

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Pour commencer, il faut déterminer la date de la cérémonie. Pour ce faire, il est bon de consulter un « mpanandro », sorte d'astrologue ou devin malgache qui désigne le jour propice. Tous les membres de la famille en sont informés et doivent faire tout leur possible pour être présents et ainsi participer aux dépenses qui sont très importantes : accueil des invités, hébergement, repas, achats de linceuls, réparation des tombeaux, frais de dossiers. Pour cette raison cette fête n'a lieu que tous les neufs ans.

Le « famadihana » dure deux jours. Le premier jour, toute la population du village est invitée à un bal populaire avec musique traditionnelle locale, chanteurs talentueux, conteurs. Durant ce bal, un représentant de la famille fait un discours moralisateur agrémenté de proverbes appropriés, surtout pour remercier tous ceux qui ont pu se déplacer. C'est le moment de la quête comme chez nous !… Les invités versent leur obole à la famille, leur participation, le « kao-drazana ».

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Tous ces convives devront être nourris à satiété durant toute la durée de la fête, il faut prévoir une double ration pour chacun, car plus ce repas sera important et copieux, plus la notoriété de la famille sera ainsi confortée ! Les menus sont très riches et variés : on y trouve de la viande grasse de zébu, de la viande de porc, de la dinde, du poulet, du canard, le tout accompagné de riz imbibé d'huile et de graisse, et bien sûr d'une boisson locale, le « toaka gazy », fabriqué à partir de canne à sucre ou de tamarin, en plus de l'eau en bouteilles. Chaque famille se regroupe pour ce repas. À 17 heures une messe est célébrée à l'intention des défunts de la famille.

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Après cet épisode festif, on procède, le deuxième jour, à l'exhumation proprement dite. On enveloppe les ancêtres défunts d'un nouveau linceul, on les porte sur les épaules, on chante, on danse, c'est un jour de fête, signe que les vivants n'oublient pas leurs aïeux. Après tous ces rites, les corps sont remis à leur place respective, en attendant le prochain « famadihana ». Beaucoup de superstitions sont rattachées à cette pratique : c'est ainsi qu'en s'appropriant un tout petit morceau du linceul qui a été en contact avec le défunt lors de l'exhumation, les femmes stériles sont persuadées qu'elles enfanteront après la fête !

Dans le cas de la famille de Jean-Louis, le retournement a concerné une cinquantaine de défunts : grands parents, frères et sœurs des grands parents, leurs enfants, cousins, cousines… on remonte très loin. On peut s'étonner de ce grand nombre, mais il est évident qu'au bout de plusieurs années, quand les corps se sont décomposés et qu'il ne reste que les ossements, ceux-ci sont regroupés. Certains groupements peuvent contenir une dizaine de ces corps.

Toutes les religions pratiquent cette tradition. Dans la religion chrétienne, certains rites sont abandonnés, mais le « famadihana », le souvenir des morts, a une place primordiale dans la culture malgache.

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