Les articles "Histoire de la paroisse" sont extraits du Clocher et rédigés par Jacques Pencréa'ch.

 

Histoire de la paroisse - 4 - 2016

L’Église se remit difficilement de tous ces changements qui lui furent imposés durant les années 1900-1910 : dissolution des associations, séparation de l'Église et de l'État, instauration du denier de l’Église. À Caudan comme ailleurs, le recteur fut dans l'obligation d'y faire face. On sent chez lui, par la lecture des faits qu'il rapporte, lassitude et découragement dus principalement à l'indifférence de ses paroissiens. Une bonne nouvelle vint malgré tout l'encourager et lui faire plaisir : « depuis plus de trente ans, la question se pose tous les jours d'une manière plus pressante, la nécessité de créer de nouveaux centres religieux sur la paroisse. Aucun ne désire la séparation plus que moi. Mgr Latieule avait préparé un commencement d’exécution de l'œuvre. C'est sans doute à Mgr Gouraud (évêque de Vannes 1906-1928) qu'il est réservé de le réaliser et c'est à moi qu'appartiendra l'honneur de le seconder dans ses desseins », écrivait-il le 11 mai 1907.

Ses vœux ne tardèrent pas à se réaliser. Par un décret en date du 12 août 1907, Mgr Gouraud érigea en paroisse le quartier des chantiers et du Plessis, sous le titre de : paroisse Saint Joseph du Plessis. Le 17 août la semaine religieuse annonçait la création d'une nouvelle paroisse « au Pont de Kerentrech-Caudan ; elle sera placée sous le patronage de Notre-Dame auxiliatrice. Le titulaire de cette future église sera Saint Isidore, patron de l'ancienne frairie de Kerguillé » (voir le plan ci-dessous). Le quartier de Lanester avait donc maintenant ses deux églises.

Caudan 19me siecle 

« Quand verrons-nous maintenant la création de deux communes ? » s'impatiente le recteur : « Suivant toutes les probabilités on retardera cette création le plus longtemps possible. L'administration et les politiciens dont elle dépend désirent choisir, pour le faire, le moment le plus favorable à leurs intérêts. Le projet de loi, élaboré par le Conseil d’État, ne sera présenté aux chambres que lorsque le terrain aura été suffisamment préparé en vue des élections municipales, que les amis du gouvernement veulent aussi radicales et antireligieuses que possible ». Il dut attendre deux années, avant la création en mai 1909 des deux communes. Le conseil municipal fut dissous et de nouvelles élections municipales eurent lieu. Les élections de Caudan, note le recteur, apparemment très impliqué dans cet évènement « ont été aussi mauvaises qu'elles pouvaient. Les catholiques ont tenu à se présenter, malgré le recteur. Ils auraient mieux fait de suivre l'inspiration du clergé. Voilà bientôt quatre ans que je suis recteur de Caudan. Pas une année sans élection ; toujours elles ont tourné contre nous. Le triomphe de la mauvaise liste a été d'autant plus fâcheux que le clergé était pris à partie. C'est contre les prêtres et, pourquoi ne pas le dire, contre le recteur que les élections ont été faites. La paroisse est secouée, les pratiques religieuses diminuent et le prêtre perd de son prestige à force d'être vaincu... ».

Il est vrai que durant ces quatre années, l'entente cordiale ne fut pas d'actualité ! Après une dernière polémique, le conseil municipal autorisa le recteur à rejoindre son presbytère moyennant un loyer modique, jusqu'à ce que l'abbé Jagourel en fasse l'acquisition. Le presbytère redevint donc propriété paroissiale. L'abbé Le Garrec, probablement fatigué, lui si loquace auparavant, ne mentionne les évènements de sa paroisse que très succinctement : « Visite pastorale de Mgr Gouraud en mai 1911, aucun fait saillant, démolition de la chapelle de la Croix en 1912 », et à partir de là, plus rien, pas un mot. Il passera sous silence la première guerre mondiale. L'histoire de la paroisse ne reprendra qu'en janvier 1919, date d'arrivée de l'abbé Gouarin en remplacement de l'abbé Le Garrec nommé chanoine titulaire de la cathédrale de Vannes.

Histoire de la paroisse - 3 - 2016

L’abbé Le Garrec fut donc nommé recteur de Caudan le deuxième dimanche du mois d'août 1905. Sitôt installé, il fut confronté à la grande préoccupation de l'époque : la séparation de l'Église et de l'État. Il voulut expliquer la situation à ses paroissiens qui ne semblaient pas trop sensibilisés aux conséquences de cette loi. Il les convoqua dans une salle d'auberge du bourg, mais cet auditoire choisi lui était acquis d'avance. Cette première réunion fut suivie d'une autre, moins calme, le 29 avril 1906 à la salle de la Mairie, réservée par Monsieur Paul Guieysse dans le cadre des élections législatives. Le recteur n'eut pas peur de prendre la parole, la réunion dura deux bonnes heures et « fut très mouvementée ». Plusieurs Caudanais étaient d'ailleurs favorables à cette loi, « tous les petits fonctionnaires de la localité et une certaine partie de la population qui n'envisage que les intérêts purement matériels ou qui a été endoctrinée par les politiciens de l'endroit ».

Entre ces deux réunions l'inventaire des biens de l’église dut avoir lieu, mais il ne put se faire car l'église fut barricadée et gardée par un grand nombre de paroissiens armés de leurs outils de travail qui avaient pour consigne de ne pas frapper ni d'insulter ; ils n'eurent pas à le faire car le receveur, Monsieur Nacrez, receveur des domaines de Pont-Scorff, voyant tout ce monde devant la porte de l'église, pendant que sonnait le glas, n'insista pas et fit demi-tour. Il prévint le maire, « l'homme de toutes les faiblesses », que cet inventaire était remis à une date ultérieure. Il eut lieu le 14 novembre. Apparemment ce ne fut qu'une formalité sans conséquence importante. Qui sait si le recteur n'avait pas fait en sorte que cet inventaire ne soit que partiel ?

Procession

Les élections législatives donnèrent une large majorité à Monsieur Paul Guieysse qui fut donc élu député, mais se trouva en minorité dans la partie nord de la commune (Caudan actuel). « Pour se venger », le conseil municipal prit la décision d'interdire les processions. L'arrêté fut affiché sur la porte de l'église. « Également pour les convois mortuaires » ? demanda le recteur. « Non, que les processions proprement dites »... et l'affiche fut refaite !

L’autre gros problème de l'actualité paroissiale de l'époque fut le financement. Privé d'allocations publiques, le recteur n'avait que les quêtes. Il fut dans l'obligation de trouver 4 050 francs. « Où vais-je trouver cette somme ? » se demanda-t-il. La partie nord de la commune comptait à peine 2 500 habitants pour un recteur et deux vicaires. Il demanda à l'évêque de se séparer d'un de ces deux vicaires, l'abbé Goubin (licencié économique !), 500 francs de charges en moins... Cet abbé ne fut pas mis au chômage, au contraire il eut de l'avancement et nommé recteur de Calan ! « Le travail de notre paroisse n'est pas au-dessus des forces de deux prêtres, et il faut faire des sacrifices pour avoir moins à exiger de la population ». Pour alimenter sa caisse, le recteur décréta que « seuls, les chefs de ménage seraient sollicités » et il leur demande de verser 10 centimes par semaine. Petit à petit, ce Denier du Culte, devenu Denier de l’Église, fut reconnu et adopté par les paroissiens.

Durant cette période troublée, le clergé n'avait pas abandonné le presbytère mais, par précaution, dans la crainte d'une expulsion, l'abbé Le Garrec voulut mettre son mobilier à l'abri. « La gentilhommière de Madame Gadaud (ancienne résidence de Kergoff) s'est ouverte pour le recevoir et le clergé tient ici à témoigner de sa reconnaissance à l'Amirale Gadaud, bienfaitrice insigne de la paroisse ». Le presbytère, devenu propriété de l'état fut l'objet de tractations multiples, de menaces, de courriers injurieux, d'un procès, pour finalement être racheté par l'autorité religieuse.

Histoire de la paroisse - 2 - 2016

L'abbé Daniel ne restera que deux ans à Caudan, il fut nommé à Palais en juillet 1905 et remplacé par l'abbé Le Garrec, précédemment à Mendon. Dès son arrivée, ce dernier fut confronté à de gros problèmes. Rappelons brièvement la situation de l'Église en cette période troublée. Depuis la révolution, la constitution civile du clergé avait institué une nouvelle Église, l’Église constitutionnelle, ce qui divisera le clergé : le clergé séculier qui appliquait la loi en prêtant le serment « le jour du dimanche après la messe en l'année 1790 », et le clergé réfractaire, une grosse moitié des curés qui refusèrent de faire cette démarche, avec les conséquences auxquelles ils s'exposaient : poursuite, emprisonnement et mort pour beaucoup d'entre eux. Au sud-est de l'ile Madame, une grande croix de galets marque l'endroit où furent ensevelis 274 prêtres réfractaires ; ils moururent d'épuisement, de maladie, de maltraitance à bord de deux anciens navires sur les fameux « pontons de Rochefort ». Chez nous le recteur, l'abbé Thomas, réfractaire, fut arrêté et acheminé vers cette sinistre destination. Avec une probable complicité, il réussit à s'évader lors d'une escale à Belle-Ile et put revenir se cacher dans son ancienne paroisse (à Kerrous paraît-il ?). Entre temps l'abbé Guillou, prêtre constitutionnel avait été nommé à sa place. Les Caudanais ne facilitèrent pas son ministère en boudant les cérémonies.

Île Madame Croix de Galets

En 1801 une convention, « le Concordat », fut signé entre le frère de Napoléon 1er et les représentants du Pape Pie VII, stipulant que la « religion apostolique et romaine sera librement exercée en France... le gouvernement assurera un traitement convenable aux évêques et aux curés ». L'abbé Thomas put revenir à la tête de sa paroisse, il dut malgré tout prêter serment entre les mains du Préfet du Morbihan le 27 octobre 1802. Il restera à Caudan jusqu'à sa mort le 3 juin 1813. Durant sa « mise à l'écart » pendant la période révolutionnaire il serait donc resté dans la région et, avec la complicité de la majorité des paroissiens, aurait pu, dans la clandestinité, accomplir quelques-unes des fonctions de son ministère.

Le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État fut adoptée : elle considérait la religion Catholique comme une manifestation individuelle et d'ordre privé, lui laissant toute liberté, mais rompant le Concordat. Toute subvention fut retirée aux ministres du culte, les biens ecclésiastiques confisqués.

Auparavant, le gouvernement d'Émile Combes fut mis en place le 7 juin 1902. Ce gouvernement s'est entre autre, signalé par son anticléricalisme en appliquant avec intransigeance les lois de 1901 et de 1904 sur la liberté d'enseignement. Les congrégations religieuses se virent interdire d'enseigner. À Caudan les filles du Saint Esprit de l'école Saint Joseph durent appliquer la loi mais en se l'adaptant, comme nous le relatent avec humour leurs archives : « les hautes personnalités qui dirigeaient la République jugèrent qu'il fallait expulser les communautés par mesure d'ordre public !... parce qu'on n'était pas plus opportuniste ou radical que modéré, parce qu'on était simplement Catholique et qu'on voulait se grouper pour enseigner, parce qu'on avait choisi d'aimer, d'encourager, de s'unir plutôt que de haïr !... et puis ils avaient le sens esthétique ! Les cornettes blanches, les longues jupes à pli, les voiles et le cliquetis du rosaire avaient su leur déplaire... tant qu'il n'y eut qu'à s'en défaire pour pouvoir enseigner. C'est ainsi qu'on quitte l'habit séculier pour enseigner, mais on resta, bon gré, mal gré filles du Saint Esprit et le grain de Sénevé, qu'à Caudan nous avions semé continua de se développer... », en revêtant la tenue civile qu'elles avaient quittée quelques années auparavant !

De son côté l'abbé Le Garrec dut lui aussi appliquer la loi…

Histoire de la paroisse - 1 - 2016

L'abbé Daniel succéda à l'abbé Bissonnet le 2 avril 1903. Il venait de la paroisse de Pluvigner. Sa mission principale, spécifiée par son évêque, fut l'aboutissement du projet de construction de chapelles sur Lanester. Ce projet se concrétisait : les terrains avaient été offerts par Madame de Mauduit du Plessis et Mademoiselle Le Goff de Kerfréhour. Des personnes généreuses avaient fait don de 75 000 francs pour cette réalisation, ainsi que d'une maison pour servir de « maison vicariale ». Ce premier projet prévoyait la construction d'une chapelle dans le secteur de Locunel.

Monsieur Kerdavid, maire, y était réticent parce que son quartier de Kerentrech était totalement oublié ; il était, lui, pour deux chapelles, une aux chantiers (Le Plessis) et l'autre à Kerentrech (Le Pont). Il offrit à son tour un terrain sur son secteur. Il y avait donc deux projets, chacun avait ses détracteurs. Pour essayer d'arranger tout le monde, on en trouva un troisième : la construction d'une chapelle près du nouveau cimetière de Lanester (l'actuel), située entre les deux, mais là encore, il y eut des mécontents, « trop éloignée des deux centres importants, elle ne pouvait avoir d'autre mérite que de servir de chapelle mortuaire et éviter la course de Locunel (où avaient lieu les cérémonies) à l'occasion des enterrements ».

Monseigneur Latilleule (évêque de Vannes 1898-1903) vint lui-même visiter ce dernier emplacement et « le brave Évêque avait tellement à cœur le salut des âmes de ces malheureux ouvriers qu'il finit par donner son approbation à ce projet ». Il y consacra lui-même 10 000 francs. Mais un peu plus tard, sous diverses pressions, il revint sur sa décision et exigea la construction de deux chapelles. Le terrain cédé par Monsieur Kerdavid avait entretemps été utilisé à de nouvelles constructions, mais Monsieur Guyeisse, magistrat, en céda un autre dans le quartier de Kerentrech.

SAM 0289Au décès de l'abbé Bissonnet, c'est le curé archiprêtre de Lorient, l'abbé Duparc (le futur évêque) qui prit l'affaire en mains. Il obtint rapidement des promesses de dons : 120 000 francs pour la chapelle des chantiers, 50 000 pour celle de Kerentrech (Madame De Maudit, Mademoiselle Le Goff, le conseil municipal, la Marquise De Polignac…). Les plans et le devis furent confiés à Monsieur Caubert de Vannes. Le conseil de fabrique donna son accord. Le recteur, l'abbé Daniel n'eut plus qu'à réunir toutes les pièces du dossier qu'il fallait maintenant présenter au Conseil municipal. Mais, « un grand malheur arriva, Monsieur Kerdavid maire de Caudan décédait subitement et cet avis favorable qu'il était si facile d'obtenir de son vivant était remis en question ». Lors de sa session de mai 1903, le Conseil municipal « comme pour se venger d'avoir cédé à Monsieur Kerdavid, le déjugea et maintint un vote antérieur approuvant la construction d'une seule église, près du cimetière ». Monsieur Graindorge succéda à monsieur Kerdavid (juin 1903 - voir le tableau ci-contre)* et un second vote eut lieu ; le Conseil se partagea en deux fractions égales : 11 voix pour, 11 voix contre. Monsieur le Maire refusa de donner sa voix prépondérante et il fallut recourir à un autre scrutin. Entre temps Monsieur le recteur écrivit une lettre à tous les conseillers, ce fut en vain et « tous les esclaves du Comité radical-socialiste de Lorient votèrent contre le projet ; ce fut un vote sectaire (12 voix contre, 9 pour et 2 abstentions) et le mot d'ordre, parti des loges Lorientaises avait été fidèlement suivi au mépris des intérêts les plus vitaux de la paroisse de Caudan ».

Il s'en fallut de peu que les églises de Lanester deviennent en 1905 propriété de l'état (le décès subit du maire Monsieur Kerdavid ?), à moins qu'on ait volontairement attendu que Lanester devienne paroisse (août 1907) pour débuter la construction des deux églises actuelles ?

* Ce tableau affiché à la mairie a été réalisé par Monsieur Hafeneder en 2001 à la demande de Monsieur Le Ravallec.

Histoire de la paroisse - 8 - 2015

Reprenons le parcours des anciens recteurs de notre paroisse. En juillet dernier nous avons quitté l'abbé Hétet décédé en fin d'année 1892. Le 1er janvier de l'année suivante, l'abbé Amédée Camper lui succéda ; natif de Plouhinec, il venait de Bieuzy « une paroisse d'élite, où j'ai constamment combattu pour rétablir l'autorité de recteur jusque-là complètement annihilée... ». Il ne portait pas non plus un jugement très favorable sur son prédécesseur, car écrivait-il, « je ne crois pas que Caudan dut être amendé par ce recteur qui avait comme caractéristique, une grande inconstance » ; avec plus de modestie, il ajoutait : « puis-je faire mieux... cette pensée me suffoque ». Il a eu le mérite de faire une compilation de tous les éléments connus à cette époque sur l'histoire de la paroisse : ses origines, ses anciennes seigneuries, son église, ses chapelles, les noms et dates des anciens recteurs ; ainsi, le premier nommé est l'abbé Borbihan, chanoine de Vannes, qui devint recteur en 1456, mais peu de temps après, il permuta avec l'abbé Jean Bégot, recteur de Péaule et également chanoine. Avant cette date, le poste revenait à un archidiacre (Vicaire général actuel) qui fut obligé « d'opter entre ce bénéfice et sa dignité ». Il aurait renoncé à l'administration de la paroisse, mais s'en serait réservé les revenus ! Cette réserve se serait ensuite maintenue au profit de ses successeurs, rendant ainsi la paroisse de Caudan particulièrement attractive ! C'est ainsi qu'on relève régulièrement ces expressions : « il gagna la paroisse de Caudan au concours du... il l'emporta au concours... ». Le 30 juin 1719, l'abbé Roudic fut nommé officiellement recteur de Caudan au décès de l'abbé Le Belliguet ; le jour même, un vicaire général « avait conféré le bénéfice de cette paroisse à l'abbé Jacques Mahé » qui s'empressa d'en prendre possession dès le lendemain. Il n'était pas le titulaire légitime mais continua à administrer la paroisse durant plusieurs années. Suite aux réclamations de l'abbé Roudic, il fut débouté et dut se retirer devant le vrai titulaire, mais « ses précautions étaient prises » et il devint recteur d'Arzano et de Guilligomarc’h. Quant à l'abbé Roudic, il mourut le 6 juillet 1741 à l'âge de 54 ans et fut inhumé au cimetière de Caudan près du portail de l'église de cette époque.

L'abbé Camper (1893-1894), guère aimable envers ses confrères, ne semble pas avoir, lui non plus, beaucoup « amendé » la paroisse durant ses deux années passées à Caudan : le seul fait consigné est le début de construction d'une école des filles aux chantiers de Lanester. Il existait auparavant une école tenue par deux religieuses et deux institutrices laïques, cette école fut laïcisée et « pour échapper à cette influence néfaste il a fallu songer à établir une école Chrétienne ». Madame de Mauduit mit gracieusement une partie de son château du Plessis à la disposition des 170 élèves, situation provisoire jusqu'à la pose de la première pierre de la nouvelle école le 1er juin 1894 et de son ouverture dès l'année suivante.

Tombeau de Mgr Jean Marie Bécel

L'abbé Camper fut remplacé le 6 décembre 1894 par l'abbé Stanislas Bissonnet qui venait de Plouharnel. Dès son arrivée, celui-ci fut confronté au problème financier inhérent à cette école : « ces conditions sont on ne peut plus onéreuses pour moi : Monsieur De la Villesboisset (l'architecte) et Madame de Mauduit m'ont mis le pistolet sous la gorge et m'ont forcé à accepter, au compte personnel du recteur, les contributions, les réparations, les assurances avec l'intérêt à 3 % du capital avancé par Madame de Mauduit ». À l'occasion des fêtes de la Toussaint suivantes, il fit appel à la générosité de tous les paroissiens : « je me suis mis à leur disposition dès qu'ils voudront généreusement m'aider... ». L'appel fut entendu ! Rappelons que Mgr Jean-Marie Bécel était l'évêque de Vannes (1865-1897) à cette époque.

Histoire de la paroisse - 7 - 2015

Le dimanche 2 août, notre communauté paroissiale s'est retrouvée à la messe de 10h30 en la chapelle du Trescouët à l'occasion de son pardon traditionnel. Elle fut célébrée par le Père Jean-Louis, recteur, assisté de l'aumônier de l'hôpital. Comme chaque année, une nombreuse assistance avait tenu à venir prier Notre-Dame...

Lire la suite...

Histoire de la paroisse - 6 - 2015

La photo ci-dessous de l'ancienne église paroissiale est la seule que nous ayons trouvée. Cette église fut, on le sait, dynamitée à 5h45 le 11 août 1944 par les troupes d'occupation Allemandes : « à cet instant précis l'église et le clocher viennent de s'effondrer et leurs pierres ensevelissent tout le mobilier du sanctuaire. Tout est détruit ; la sainte réserve enfermée dans le coffre de la sacristie est sauvée. Une pierre d'autel est retrouvée, mais du beau maître-autel de marbre blanc, il ne reste rien ; tout est pulvérisé » (archives paroissiales). Quelques bannières furent récupérées et après quelques réparations furent déposées à la chapelle du Nelhouët. La population du bourg, heureusement réduite car beaucoup s'étaient réfugiés dans les communes voisines, se trouvait cette nuit-là dans l'abri du couvent...

Lire la suite...

Histoire de la paroisse - 5 - 2015

Ce fut au tour de l’abbé Alphonse Hétet de prendre possession de la paroisse de Caudan en décembre 1891. Il avait déjà connu plusieurs paroisses : Quiberon, Vannes, l’hôpital de Lorient, Merlevenez, Plescop. À son arrivée, « tout était bien en ordre, l’église convenable, les ornements et le linge suffisants » mais la croix et les chandeliers étaient trop ternes, il les fit dorer. Son premier et grand souci fut sa trésorerie. À l’époque, il avait trois vicaires qu’il devait payer, 1500 francs chacun, soit 4500 francs pour l’année ; sur un budget qu’il estimait à 7000 francs, il ne restait donc que 2500 francs pour entretenir l’église, le presbytère, l’école, les chapelles. Il ne mentionne pas son traitement personnel (il devait faire l’objet d’une comptabilité particulière !)...

Lire la suite...