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Histoire de la paroisse 2017

Histoire de la paroisse - 3 - 2017

« Une cloche sonne, sonne… sa voix d'écho en écho... », chantait Édith Piaf. Toutes les cloches ont une longue histoire. Celles de notre ancienne église aussi. Elles furent brisées en août 1944 lors du dynamitage de la tour, mais les morceaux essentiels purent être récupérés dans les gravats. Ils furent refondus pour donner, avec l'apport de métal supplémentaire, trois de nos cloches actuelles (les trois plus petites) en mars 1947. La quatrième, le bourdon, fut acquis et mis à sa place en octobre 1961. Le beffroi qui les supporte a été dessiné par Yves Guillou, l'architecte de l'église. D'aspect harmonieux et ajouré, il laisse entrevoir les cloches.

À elles quatre, elles représentent un poids conséquent, près de quatre tonnes. La structure qui les supporte est donc soumise à de fortes pressions, surtout quand elles sonnent à la volée. Elle doit, de ce fait, faire l'objet d'une surveillance régulière, c'est l'entreprise Bodet d'Angers qui en est chargée. Elle est intervenue dernièrement pour changer les poutres maîtresses, qui supportent l'ensemble (parties plus claires sur la photo ci-dessous), les anciennes étaient encore d'origine, cinquante-cinq années !

 

La tradition chrétienne donne aux cloches un caractère bien particulier en leur affectant un prénom avec parrain et marraine lors d'une cérémonie également appelée baptême. Tous ces noms et prénoms sont gravés dans le métal. Les nôtres n'ont pas échappé à cette tradition. Elles sont commandées électriquement depuis leur mise en service et c'est le samedi 28 octobre 1961 que l'Angélus a sonné une première fois ; « c'est la joie dans tous les cœurs, et l'ambiance de la place en est grandement influencée », note le recteur. Auparavant, dans l'ancien beffroi provisoire, elles étaient actionnées à l'aide de cordes, sur lesquelles les enfants de chœur tiraient de toutes leurs forces et de tout leur corps à l'occasion des baptêmes et mariages avec l'espoir de récolter quelques dragées ou petites pièces !

Pour l’Église les cloches ont deux fonctions : elles font entendre la voix de Dieu et la voix du peuple de Dieu : voix de Dieu, elles convoquent les fidèles pour la prière en annonçant la célébration des offices ; et, voix du peuple, elles font monter vers Dieu l'acclamation des fidèles.

Elles sont aussi un outil de communication, sa sonnerie varie suivant la nature de l'évènement religieux : sonneries joyeuses pour un baptême, un mariage, triste pour un décès en sonnant le glas, volée d'une cloche avec tintements alternés. Elles sonnent aussi l'Angélus ; théoriquement, à Caudan, sauf dérèglement du programme, cette prière est annoncée trois fois par jour : à 7h, 12h et 19h. Un Angélus se compose de trois versets suivis d'un Ave Maria, aussi la sonnerie est caractérisée par trois fois trois coups puis volée de la plus petite cloche durant une minute. Elles rythment aussi notre vie profane par la sonnerie des heures et des fractions d'heure. Elles ne sonnent pas la nuit (pour ne pas gêner les voisins !). Elles peuvent aussi être utilisées pour annoncer un décès. Cette tradition est aujourd'hui abandonnée, avec toutefois une exception locale : quand une personne voisine ou fidèle à N. D. du Nelhouët décède, la cloche de la chapelle sonne à toute volée pour annoncer la triste nouvelle.

Autrefois, le célère tocsin était sonné pour alerter la population d'un danger affectant la vie de la cité : invasion, incendie, guerre. Le tocsin se compose d'une série rapide de 90 à 120 coups/minute à l'aide d'un martelet. Le 1er août 1914, cette lugubre sonnerie a retenti à travers tout le pays pour annoncer à la population l'ordre de mobilisation générale. Le gouvernement a invité les maires de France à faire sonner le tocsin le vendredi 1er août 2014 pour célébrer le centenaire de cette mobilisation. Certaines cloches (pas celles ce Caudan !) ont sonné à la volée ce jour-là, comme pour annoncer un évènement joyeux ! Notre patrimoine sonore entre dans l'oubli...

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Histoire de la paroisse - 2 - 2017

« À quelque chose malheur est bon » nous dit le proverbe. Revenons brièvement à notre histoire locale : En août 1944, à l'arrivée des premiers Américains à Caudan, l'occupant allemand panique et commet de nombreuses et violentes exactions ; entre autres, il dynamite l'église paroissiale dont il ne restera que des ruines. À la libération, en mai 1945, la France commence à rebâtir grâce aux « dommages de guerre » du Ministère de la Reconstruction. C'est ainsi qu'une nouvelle église fut construite à l'emplacement de l'ancienne, à Caudan. Sa consécration eut lieu le 12 avril 1962.

Chose rare, exceptionnelle aujourd'hui, déduction faite des dépenses afférentes à cette construction, un bilan financier laissa paraître un solde positif de 96 897 F. Qu'en faire ? L'église possédait une tribune mais il n’était pas prévu d'y installer d'orgue. Grâce à la persuasion et à l'obstination d'un vicaire (l’abbé Louis Guillaume), un projet d'acquisition de cet instrument vit le jour. Plusieurs devis en date de 1964 l'attestent. Finalement, un marché de gré à gré fut approuvé par l'administration le 23 février 1965. Il attribuait le chantier au facteur d'orgue Georges Schwenkedel de Strasbourg, qui s'engageait à livrer et monter un instrument neuf en tribune avec console séparée pour une somme de 53 200 F. Ce fournisseur avait un carnet de commandes bien chargé avec, entre autres dans le secteur, les églises St Pie X à Vannes, Saint-Pierre-Quiberon, l'île d'Arz, ce qui pourrait expliquer les retards de livraison. Un courrier municipal en date du 15 juillet 1968 (trois années quand même depuis la décision), signé du maire de l'époque M. Jean Gaudin, réclame instamment la livraison de l'orgue en faisant état du préjudice et du mécontentement de la population. De plus, les revalorisations furent fréquentes et l'enveloppe des « dommages de guerre » n'était pas extensible !

L'orgue arriva enfin en gare de Lorient le jeudi 3 octobre 1968 et son montage commença dès le lendemain. Le concert inaugural eut lieu le 22 décembre de la même année et c'est M. Félix Moreau, titulaire honoraire de la Cathédrale de Nantes, qui tenait les orgues. On imagine que la messe de minuit qui suivit revêtit un cachet particulier…

Le prix de revient total se chiffra à 60 673 F. Il restait encore de l'argent dans l'enveloppe financière ! Et c'est ainsi que put être installé le chauffage infrarouge de l'église, alimenté au butane dans un premier temps puis au gaz de ville par la suite. Un reliquat de dépenses de 3 064 F apparut et fut pris en charge par la paroisse.

Durant l'été 1983, un acte de vandalisme fit disparaître 46 tuyaux. Une plainte fut déposée mais l'enquête n'aboutit pas. La manufacture Sévère qui s'occupait de la maintenance les remplaça pour un montant de 19 925 F.

En 1997, un relevage complet de l'instrument s'avéra nécessaire ; visites, expertises, devis furent effectués à l'initiative de M. Jean-Yves Le Juge, professeur de musique et organiste qui assura le conseil et le suivi technique de toutes les opérations. La municipalité approuva le projet du facteur d'orgue Claude Thibaud de Nantes le 29 décembre 1999 et le chantier put démarrer le 6 novembre 2000.

La réception finale des travaux eut lieu le 14 mars 2001, la bénédiction de l'orgue le samedi suivant, le 17 mars.

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Histoire de la paroisse - 1 - 2017

En cette fin d'année 2016, notre communauté paroissiale a déploré le décès de deux prêtres ayant exercé leur vicariat à Caudan : les abbés François Tristan et Clovis Le Priol.

François TristanFrançois fut nommé chez nous en juin 1971. Originaire de Groix, il y est né en juin 1929 et fut ordonné en 1953 puis nommé successivement à Theix, Guémené-sur-Scorff puis Larmor-Plage. Il quitta Caudan en 1978 étant nommé recteur de Sulniac. Il est décédé le 13 octobre dernier à la maison de retraite Saint Joachim.
Dès son arrivée, il prit en charge notre bulletin paroissial, on lui doit l'archivage des bulletins, le premier conservé date d'octobre 1971. François a surtout marqué son ministère par son service envers les jeunes, en tant qu'organisateur des camps de vacances. Quelques anciens bénéficiaires de ces camps ont souhaité témoigner de ces agréables vacances :
« Au revoir François !
Les camps de jeunes ! Quels souvenirs ! Quelle époque ! On était jeune ! 40 ans déjà sont passés…
En effet, dès son arrivée dans la paroisse, il propose aux jeunes de 12 à 18 ans de Caudan et de ses environs, de découvrir les joies des vacances et du camping ; de quelques-uns la première année, avec sa 204 et sa caravane, jusqu'à une centaine par la suite, répartie en deux camps de deux semaines. Toujours des destination différentes et bien choisies sur le plan culturel et géographique :
- en France d'abord : - Saint-Cirq-Lapopie dans le Lot - les Pyrénées du côté de Lourdes et du cirque de Gavarnie - Aguessac dans l'Aveyron, aux portes des gorges du Tarn - Gérardmer dans les Vosges et Boltzheim en Alsace - La Provence d'Alphonse Daudet, au Mas d'Auge à Fontvielle.
- à l'étranger ensuite : l'Irlande, à Galway aux portes du Connemara avec ses îles d'Aran - l'Espagne, à Castro Urdiales près de Bilbao au pays Basque, puis à Cubellas, près de Barcelone en Catalogne.
La formule était originale : Un directeur - 5 à 6 « monos » (généralement d'anciens colons armés du Bafa) - une infirmière et parfois des accompagnants adultes bénévoles. Les jeunes se répartissaient en groupes de 5 à 10. Ils disposaient de tentes-chalet et canadiennes qu'il leur fallait monter et démonter seuls. Pour les repas, une batterie de cuisine-vaisselle-réchaud à gaz leur était confiée. Enfin pour leur nourriture, un budget à gérer eux-mêmes leur était distribué tous les 3 ou 4 jours. Cette initiation à l'autogestion n'était pas toujours simple et facile, et certains, un peu cigales, se voyaient parfois contraints à demander « l'aumône », alors que d'autres, plus fourmis, pouvaient la leur faire et même s'offrir quelques extras à la crêperie ou ailleurs.
Bon vivant, joyeux, la plaisanterie facile, rieur et aimant faire rire, mais respecté de tous, François, avec une autorité bienveillante et malgré le poids des responsabilités, se plaisait à regarder toute cette jeunesse heureuse de vivre en groupe sans soucis majeurs et constatait souvent que « les plus grands ne sont pas toujours les plus dégourdis ! »
Oui, ce fut pour beaucoup, quinqua et sexagénaires de Caudan et d'ailleurs, l'occasion de nombreuses découvertes et premières fois…
Une fois de retour, ces camps d'été se prolongeaient par le « repas des jeunes » en début décembre réunissant toutes les générations à la salle Hellegouarch, retrouvailles joyeuses et attendues, avec projections de films et échanges de photos. Bien sûr, c'était l'occasion de vivre et revivre de bons moments, mais aussi un moyen d'alimenter la trésorerie en vue de préparer les camps suivants et de réduire le coût pour les familles.
Que de bons souvenirs tu nous as laissés ! François. Souvenirs que ces dernières années, toi malheureusement tu n'avais plus, mais nous, nous les gardons gravés dans nos mémoires. »
Brigitte, Gisèle, Daniel, Yves, quelques « VJ » (Vieux Jeunes) reconnaissants.
NB : Les images prises lors de ces camps ont été numérisées. Les personnes intéressées peuvent s'adresser à Brigitte Guillevic - Kerdréan en Caudan.

Clovis Le PriolClovis fut nommé vicaire instituteur de l'école Sainte Anne en juin 1944. Du fait de la « poche de Lorient », il ne put exercer qu'à la rentrée 1945. Il est né à Baud en juin 1921. Il resta 8 années à Caudan avant de rejoindre l'école du Vœu à Hennebont. Il nous a quittés le 20 octobre dernier et, selon son désir, inhumé dans son caveau de famille de Baud.
À ses débuts, l'école Sainte Anne comportait deux classes avec plusieurs divisions. Il fallut agrandir l'école, et un terrain attenant fut acheté. Ainsi les nombreux élèves purent être scolarisés dans de bonnes conditions. En plus de ses fonctions de directeur et d'enseignant, Clovis fut chargé de suivre la préparation militaire, elle-même assurée par un moniteur du C.E.P de Lorient.
Les jeunes qui suivaient cette préparation voulurent monter une équipe de football ; des bénévoles confectionnèrent des maillots avec du tissu d'occasion, d'autre montèrent des poteaux (sans filet !) : la « Garde du Menhir » était née. Son but (qui figure dans la déclaration à la Préfecture) était de « développer par l'exercice et le sport les forces physiques et morales des jeunes gens, et préparer au pays des hommes robustes et de vaillants soldats... » (N'oublions pas que nous sortions de deux guerres meurtrières). Clovis fut l'organisateur des premières grandes kermesses champêtres, de la création d'un groupe d'enfants de chœur, de la mise sur pied du mouvement des « cœurs vaillants » par des méthodes actives, grands rassemblements inter paroissiaux, défilés dans le bourg.

Clovis et François, deux hommes, deux méthodes mais un même but, une volonté de former les jeunes, chacun à sa façon selon les moyens et l'époque dans laquelle ils vivaient : l'un par l'enseignement à la sortie de la seconde guerre mondiale, l'autre de manière plus ludique et plus libre dans l'après 68 !

Deux paroissiens engagés nous ont également quittés en cette fin d'année 2016 : Bernard Méreur et Denise Le Mentec. Ils avaient tous les deux un point commun, ils étaient encore jeunes. Bernard avait 68 ans, Denise 66 ans.

BernardDenise

Bernard est né à Hennebont en avril 1947. Après quelques années au petit séminaire de Sainte-Anne d’Auray et un changement d’orientation,
il poursuit ses études à l'université de Nanterre et de la Sorbonne nouvelle.
À l'issue de sa carrière professionnelle en relations publiques, il se retire à Caudan à l'âge de la retraite. Titulaire de nombreux diplômes en théologie, il est chargé de cours à l'université Catholique de l'Ouest, et participe à la formation diocésaine de Vannes. Érudit et passionné de lecture religieuse il nous fit partager cette passion en écrivant de nombreux articles dans notre bulletin et en animant des conférences sur les thèmes proposés chaque année par l’Église. Il a aussi fait partie d'une équipe liturgique. Il est décédé le 12 novembre dernier et inhumé au cimetière de Carnel.

Denise est née à Guidel en décembre 1949. Après son mariage avec Charles, elle vint habiter Lamohic et ne tarda pas à débuter son bénévolat sur la paroisse, en plus de ses activités professionnelles. Dès le début des années 90 elle accepta la catéchèse auprès des plus jeunes que lui proposa Danièle Dupuy. Elle le fit pendant plus de vingt ans pour terminer avec Françoise Lacroix. En même temps elle occupa la fonction de « lingère », particulièrement chargée du linge d'autel et occasionnellement de la propreté de l'église, fonction discrète mais combien utile et indispensable pour le bon déroulement du culte. Elle est décédée le 24 novembre dernier.
Toujours en « tenue de service » ils ont tous deux servi Dieu et servi leurs frères.

Que le Seigneur accueille ces bons et fidèles serviteurs !