Histoire de la paroisse 2018

Histoire de la paroisse - 3 - 2018

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son Diocèse Mgr Centène annonce l'ouverture de l'année Jubilaire en l'honneur du 600ème anniversaire de la mort de St Vincent Ferrier, pour commémorer la durée de son séjour en Bretagne, durant lequel il est décédé à Vannes le 5 avril 1419. Aussi avons-nous souhaité en savoir un peu plus sur ce saint homme.

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Vincent Ferrier est né le 22 janvier 1350 à Valence, ville Espagnole située sur la côte Est méditerranéenne à 500 kms au Sud de Perpignan, dans une famille d'origine Écossaise. Le père de Vincent, Guillaume Ferrer (en Français Ferrier), était notaire. Ce nom est encore très répandu à Valence. Il fut baptisé en l'église San Estevan, on lui donna le prénom de Vincent en l'honneur d'un autre Saint Vincent, martyr de la foi. À huit ans il entre à l'école, à 17 ans il entre comme novice chez les frères prêcheurs de Valence. Il poursuit ses études de philosophie et de théologie à Barcelone et à Toulouse durant dix années et revient à Valence pour être ordonné prêtre à vingt-huit ans. Sa vie active va maintenant commencer. Cette année-là le grand schisme d'occident est venu semer le trouble dans l’Église Chrétienne : un Pape vient d'être élu à Rome sous le nom d'Urbain VI. Les cardinaux prétendent avoir cédé à la pression populaire et certains d'entre eux réunis en Avignon vont en élire un second, Clément VII. Vincent Ferrier se prononce pour ce dernier et entraîne dans son sillage le roi d'Aragon et de Castille. À la mort de Clément VII, c'est Pierre de Luna, compatriote et ami de Vincent Ferrier, qui devient Pape sous le nom de Benoît XIII et l'appelle près de lui à Avignon. Il en sera le conseiller et le confesseur durant trois années, mais bientôt Vincent tombe malade.

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Le Christ lui apparaît en songe escorté de St Dominique et de St François, il reçoit la mission d'aller prêcher de par le monde. Il se relève guéri et part vers son destin. D'autres évènements d'époque ne facilitèrent pas sa tâche, particulièrement en France : la guerre de cent ans qui de 1337 à 1453 semait partout le deuil, la ruine et la tristement célèbre peste noire apparue en Europe au milieu du 14ème siècle. Plus de la moitié de la population de l'Europe - dit-on - fut emportée par cette épidémie. Vincent Ferrier a donc vécu dans cette société qui avait la hantise de la peste et de la mort, mais nommé « légat du Christ », ce titre lui donne des ailes, il quitte Avignon et entame sa vie de prédicateur itinérant qui durera vingt ans : il parcourt l'Espagne, le sud-ouest de la France, les Alpes Dauphinoises, l’Italie du Nord, la Suisse, quelques provinces d'Allemagne, la vallée du Rhône, le centre de la France pour terminer sa course en Bretagne. Il ne connaît ni trêve ni repos et parcourt tous ces pays à pied et sur une ânesse lorsque l'âge et la fatigue l'y auront contraint...  (à suivre : son séjour en Bretagne)

Histoire de la paroisse - 2 - 2018

Depuis son installation, Jean-Louis nous a communiqué quelques précisions sur sa nouvelle mission. Il a été intronisé le 4 novembre, responsable de la paroisse et du secteur d'Ambolotara. Un délégué de l'évêque d'Antsirabé présidait la cérémonie qui débuta à 9h. Plus de mille fidèles venus très tôt, avaient tenu à y assister après avoir, pour la plupart, dû faire plus de 10 kms de marche. Avant l'office religieux, il y eu des confessions, des récitations du rosaire, des processions, le tout en plein air bien sûr.

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Comme cela s'est fait chez nous pour la venue du Père Sanctus, le représentant de l'évêque lui remit la clé de son église et le revêtit d'une chasuble en signe de sa nouvelle fonction. Il lui rappela qu'il devait être « homme de confiance et de foi, de gestion et de communication, devant tout connaître mais non tout faire, avec obligation d'être toujours meilleur, toujours premier, toujours à temps, toujours à l'œuvre, toujours là et toujours joyeux, toujours en quête d'apprendre »...

La cérémonie, concélébrée, dura trois heures ! Puis ce fut le moment des cadeaux, un de la part de chacune des seize « chapelles » formant cette communauté et pour clôturer, un repas convivial pour les délégations. Ce fut nous dit Jean-Louis, « une journée inoubliable dans ma vie et dans celle de ma paroisse, j'ai été très ému ».

Après de nombreuses tracasseries avec les services de la douane Malgache, il put réceptionner son container. Il fit de nombreux heureux en distribuant la lingerie, le matériel scolaire, les livres… Jean-Louis nous demande de remercier encore toutes les personnes grâce auxquelles cet envoi a pu être effectué : les donateurs, ceux et celles qui ont conditionné le matériel, chargé le container …

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Depuis sa prise de fonction, sa première mission est de faire connaissance avec ses paroissiens disséminés sur cette grande étendue de 300 km². Avec son vicaire, ils se partagent le travail, car il faut visiter seize paroisses. Durant les fêtes de Noël, ils ont pu en visiter quatre. Ce ne fut pas facile, la saison des pluies rendant beaucoup de routes difficilement praticables. La moto est leur meilleur moyen de locomotion. Lors de ces visites ils rencontrent le maximum de fidèles, les laïcs engagés, administrent les sacrements de baptême, de mariages, des malades, visitent les infrastructures, les écoles qui posent problème par manque de moyens financiers.

« J'ai perdu 4 kilos, c'est bon pour la santé et tout va bien ! » nous dit Jean-Louis.

Histoire de la paroisse - 1 - 2018

Le Père Jean-Louis nous a quittés il y a plus de trois mois, mais il n'oublie pas Caudan et nous donne régulièrement de ses nouvelles. Il a refoulé le sol de sa grande île le 19 septembre et après de nombreuses et longues tracasseries administratives, il a pu enfin récupérer la totalité de ses bagages.

Il a pris officiellement la fonction de « Directeur du district » religieux d'Ambolotara, dans la paroisse d'Antsirabé. Cette paroisse comprend sept zones, elles-mêmes constituées de districts. Celui de Jean-Louis fait partie de la zone de Betafo. Du district d'Ambolotara dépendent seize chapelles (équivalent de nos paroisses locales), disséminées sur cette région des hauts plateaux, d'une longueur de 20 kilomètres sur 15 de large.

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Actuellement, c'est la saison des grandes chaleurs (atténuées chez Jean-Louis du fait de l'altitude, 1500 mètres) et de pluies abondantes, propices aux plantations, celle du riz en particulier, principale richesse de cette région. La superficie en riz dépasse les 60 % de la superficie totale travaillée. À mesure que l'on monte en altitude, les variétés diminuent, se raréfient ; les rendements s'en ressentent et sont tributaires de la distribution de l'eau qui reste des plus anarchiques, souvent limitée et source de conflits entre hameaux et paysans voisins. Ceux-ci ont conscience de l'insuffisance des superficies réservées aux cultures sèches, celle de l'herbe pour le bétail en particulier. Ils sont obligés d'aller en chercher assez loin dans les montagnes environnantes.

En plus du riz, on plante aussi du maïs, des haricots et surtout une grande variété de pommes de terre, la patate douce. C'est le moment de récolter les fruits, pêches, abricots, litchis. Cette saison est une étape difficile pour la nombreuse population, c'est le temps de la « soudure » entre les plantations et la récolte future, période marquée par une grande insuffisance alimentaire, une malnutrition surtout chez les plus jeunes.

Un des gros problèmes de cette région est l'éloignement et la médiocrité des voies de communication. Les paysans sont tributaires des charretiers qui achètent à des prix très bas. La période de pluies actuelle n'arrange rien, rendant les routes et les pistes souvent impraticables, transformées en cours d'eau qu'il faut détourner. Le moyen de locomotion le plus pratique est la moto et Jean-Louis l'utilise régulièrement quand il ne reste pas embourbé comme il lui arrive souvent !

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Il habite un presbytère qu'il partage avec son vicaire et un frère stagiaire, sur un terrain de plus d'un hectare. Il a donc de la place pour élever dix moutons, une douzaine de volailles, cinq oies, et il a gardé un petit coin potager. Son électricité est fournie par des panneaux solaires, cette source d'énergie est insuffisante pour tous les besoins, et ne sert que pour l'éclairage (partiel) du bâtiment... (à suivre)