Histoire de la paroisse 2015

Reprenons le parcours des anciens recteurs de notre paroisse. En juillet dernier nous avons quitté l'abbé Hétet décédé en fin d'année 1892. Le 1er janvier de l'année suivante, l'abbé Amédée Camper lui succéda ; natif de Plouhinec, il venait de Bieuzy « une paroisse d'élite, où j'ai constamment combattu pour rétablir l'autorité de recteur jusque-là complètement annihilée... ». Il ne portait pas non plus un jugement très favorable sur son prédécesseur, car écrivait-il, « je ne crois pas que Caudan dut être amendé par ce recteur qui avait comme caractéristique, une grande inconstance » ; avec plus de modestie, il ajoutait : « puis-je faire mieux... cette pensée me suffoque ». Il a eu le mérite de faire une compilation de tous les éléments connus à cette époque sur l'histoire de la paroisse : ses origines, ses anciennes seigneuries, son église, ses chapelles, les noms et dates des anciens recteurs ; ainsi, le premier nommé est l'abbé Borbihan, chanoine de Vannes, qui devint recteur en 1456, mais peu de temps après, il permuta avec l'abbé Jean Bégot, recteur de Péaule et également chanoine. Avant cette date, le poste revenait à un archidiacre (Vicaire général actuel) qui fut obligé « d'opter entre ce bénéfice et sa dignité ». Il aurait renoncé à l'administration de la paroisse, mais s'en serait réservé les revenus ! Cette réserve se serait ensuite maintenue au profit de ses successeurs, rendant ainsi la paroisse de Caudan particulièrement attractive ! C'est ainsi qu'on relève régulièrement ces expressions : « il gagna la paroisse de Caudan au concours du... il l'emporta au concours... ». Le 30 juin 1719, l'abbé Roudic fut nommé officiellement recteur de Caudan au décès de l'abbé Le Belliguet ; le jour même, un vicaire général « avait conféré le bénéfice de cette paroisse à l'abbé Jacques Mahé » qui s'empressa d'en prendre possession dès le lendemain. Il n'était pas le titulaire légitime mais continua à administrer la paroisse durant plusieurs années. Suite aux réclamations de l'abbé Roudic, il fut débouté et dut se retirer devant le vrai titulaire, mais « ses précautions étaient prises » et il devint recteur d'Arzano et de Guilligomarc’h. Quant à l'abbé Roudic, il mourut le 6 juillet 1741 à l'âge de 54 ans et fut inhumé au cimetière de Caudan près du portail de l'église de cette époque.

L'abbé Camper (1893-1894), guère aimable envers ses confrères, ne semble pas avoir, lui non plus, beaucoup « amendé » la paroisse durant ses deux années passées à Caudan : le seul fait consigné est le début de construction d'une école des filles aux chantiers de Lanester. Il existait auparavant une école tenue par deux religieuses et deux institutrices laïques, cette école fut laïcisée et « pour échapper à cette influence néfaste il a fallu songer à établir une école Chrétienne ». Madame de Mauduit mit gracieusement une partie de son château du Plessis à la disposition des 170 élèves, situation provisoire jusqu'à la pose de la première pierre de la nouvelle école le 1er juin 1894 et de son ouverture dès l'année suivante.

Tombeau de Mgr Jean Marie Bécel

L'abbé Camper fut remplacé le 6 décembre 1894 par l'abbé Stanislas Bissonnet qui venait de Plouharnel. Dès son arrivée, celui-ci fut confronté au problème financier inhérent à cette école : « ces conditions sont on ne peut plus onéreuses pour moi : Monsieur De la Villesboisset (l'architecte) et Madame de Mauduit m'ont mis le pistolet sous la gorge et m'ont forcé à accepter, au compte personnel du recteur, les contributions, les réparations, les assurances avec l'intérêt à 3 % du capital avancé par Madame de Mauduit ». À l'occasion des fêtes de la Toussaint suivantes, il fit appel à la générosité de tous les paroissiens : « je me suis mis à leur disposition dès qu'ils voudront généreusement m'aider... ». L'appel fut entendu ! Rappelons que Mgr Jean-Marie Bécel était l'évêque de Vannes (1865-1897) à cette époque.

Le dimanche 2 août, notre communauté paroissiale s'est retrouvée à la messe de 10h30 en la chapelle du Trescouët à l'occasion de son pardon traditionnel. Elle fut célébrée par le Père Jean-Louis, recteur, assisté de l'aumônier de l'hôpital. Comme chaque année, une nombreuse assistance avait tenu à venir prier Notre-Dame...

La photo ci-dessous de l'ancienne église paroissiale est la seule que nous ayons trouvée. Cette église fut, on le sait, dynamitée à 5h45 le 11 août 1944 par les troupes d'occupation Allemandes : « à cet instant précis l'église et le clocher viennent de s'effondrer et leurs pierres ensevelissent tout le mobilier du sanctuaire. Tout est détruit ; la sainte réserve enfermée dans le coffre de la sacristie est sauvée. Une pierre d'autel est retrouvée, mais du beau maître-autel de marbre blanc, il ne reste rien ; tout est pulvérisé » (archives paroissiales). Quelques bannières furent récupérées et après quelques réparations furent déposées à la chapelle du Nelhouët. La population du bourg, heureusement réduite car beaucoup s'étaient réfugiés dans les communes voisines, se trouvait cette nuit-là dans l'abri du couvent...

Ce fut au tour de l’abbé Alphonse Hétet de prendre possession de la paroisse de Caudan en décembre 1891. Il avait déjà connu plusieurs paroisses : Quiberon, Vannes, l’hôpital de Lorient, Merlevenez, Plescop. À son arrivée, « tout était bien en ordre, l’église convenable, les ornements et le linge suffisants » mais la croix et les chandeliers étaient trop ternes, il les fit dorer. Son premier et grand souci fut sa trésorerie. À l’époque, il avait trois vicaires qu’il devait payer, 1500 francs chacun, soit 4500 francs pour l’année ; sur un budget qu’il estimait à 7000 francs, il ne restait donc que 2500 francs pour entretenir l’église, le presbytère, l’école, les chapelles. Il ne mentionne pas son traitement personnel (il devait faire l’objet d’une comptabilité particulière !)...

« Encore un prêtre selon le cœur de Dieu, actif, dévoué, infatigable », c’est ainsi que débute le parcours à Caudan de l’abbé Le Mab, en 1871. Il venait d’Ambon où il était recteur. Auparavant, il avait exercé à Saint Nolf. Ce fut un prêtre qui se fit surtout remarquer comme prédicateur à l’occasion des retraites et missions, particulièrement nombreuses durant ce 19ème siècle. L’usage était d’expliquer le décalogue (les dix commandements donnés à Moïse sur le mont Sinaï) sous forme de dialogue. Il le faisait avec « un entrain extraordinaire ». Son concours était recherché et c’était le succès assuré et « une bonne fortune » pour la paroisse qui pouvait l’avoir...

Monsieur l'abbé Audo fut appelé à remplacer l'abbé Texier au cours l'été 1867. Il venait de Port-Louis où il avait passé de longues années en tant que vicaire « tout dévoué à son ministère ». À Caudan, il fut comme à Port-Louis, « l'homme de Dieu, tout aux travaux de son ministère, dévoué à toutes les saintes causes, à Dieu, à la religion, au salut des âmes, il fut dans ses nouvelles fonctions, comme il l'avait été ailleurs, l'homme du devoir. Sans bruit et sans exagération, il marcha toujours droit devant lui, agissant toujours avec la plus grande fermeté, jointe à la plus grande douceur. Il n'était pas spécialement orateur mais il instruisait bien, en chaire et au confessionnal. »...

Après le décès de l'abbé Péron, l'abbé Texier fut nommé recteur de Caudan en 1866 ; comparé aux 53 ans de présence de son prédécesseur, il ne fit que passer dans sa paroisse, car il n'y resta que 6 mois. Natif de Saint Goustan, il venait de Brech où il avait exercé de longues années après avoir servi à Sainte Anne en tant que chapelain et professeur de musique. Dans ses fonctions de chapelain, il desservait une chapelle privée...

Dès ce premier bulletin de l’année 2015, nous vous proposons de relater le passage des différents recteurs de notre Paroisse depuis les renseignements que nous avons pu trouver dans les archives. À partir de 1456, nous connaissons leurs  noms, dates d’arrivée et de départ...