Lettre de Mgr Centène du 18 février 2018

Blason Mgr Centene

Chers frères et sœurs,

Je vous écris en ce 1er dimanche de Carême pour vous annoncer l'ouverture de l'Année Jubilaire proclamée en l'honneur du 600ème anniversaire de la mort de Saint Vincent Ferrier. Ce n'est pas seulement l'anniversaire de sa mort, survenue le 5 avril 1419 à Vannes que nous voulons célébrer : c'est toute la durée de son séjour en Bretagne que nous commémorerons pour nourrir en nous le désir d'être comme lui des disciples-missionnaires selon le mot du Pape François.

L'Année Jubilaire ne sera pas l'exaltation d'un passé révolu mais un grand événement pour notre Église diocésaine, destiné à renouveler notre vie chrétienne et notre dynamisme missionnaire en nous appuyant sur l'exemple de sa vie.

Saint Vincent Ferrier a passé 20 ans (1399 - 1419) à évangéliser l'Europe, en missionnaire itinérant, à la charnière du XIVe et du XVe siècle, période marquée par le Grand Schisme d'Occident, la Guerre de Cent ans et la peste noire. Dans ce contexte particulièrement troublé, il a été un Apôtre de l'Unité et de la Paix, un missionnaire infatigable de la Foi chrétienne et un grand ami des pauvres et des malades, dont il a soulagé les misères. Il a passé la dernière partie de sa vie - mars 1418 à avril 1419 - à évangéliser la Bretagne. Les qualités qui ont marqué son existence n'appartiennent pas à son époque, le moteur qui l'a animé, c'est le Christ qui « est le même hier, aujourd'hui et pour l'éternité » (He 13, 9).

Les saints ne peuvent jamais être réduits à l'époque où ils ont vécu, ils ne se laissent pas figer dans le passé. S'il peut arriver qu'ils nous paraissent en décalage par rapport à notre temps, c'est un décalage vers l'avenir. Ils nous attendent toujours au croisement suivant pour nous montrer la route à parcourir.

Puissions-nous, tout au long de l'Année Jubilaire qui commencera le dimanche 18 mars 2018 et qui sera clôturée le dimanche de Pentecôte 9 juin 2019, trouver en Saint Vincent Ferrier une source d'inspiration pour notre vie chrétienne aujourd'hui.

Après un pèlerinage à Valence en Espagne, sa ville natale, du 3 au 10 mars, l'Année Jubilaire sera ouverte le week-end des 17 et 18 mars par une marche avec les reliques du Saint de Theix à Vannes, qui commémorera son arrivée dans notre ville au mois de mars 1418 et son accueil par le Duc Jean V, l'évêque de Vannes Amaury de La Motte et la population de la ville à la chapelle Saint-Laurent.

Voici le programme des journées du 17 et du 18 mars :

  • Samedi 17 mars, tous les jeunes du diocèse sont invités à partir de 12 h 30 à Theix. Au programme de la journée : randonnée, ateliers diocésains et messe à Theix puis concert de pop louange avec le groupe Hopen à l'église Saint-Vincent-Ferrier de Vannes. Pendant la nuit de samedi à dimanche, les reliques du grand saint seront vénérées à tour de rôle par les doyennés du pays de Vannes dans l'église de Theix.
  • Dimanche 18 mars, tout le monde est invité à un pèlerinage intergénérationnel. Rendez-vous à 9 h à l'église de Theix pour un temps d'accueil (en présence d'autorités civiles et religieuses), l'office du matin puis la marche vers la chapelle Saint-Laurent de Séné (6 km), animée de chants et de méditations. À 12 h 30, halte spirituelle suivie d'un repas tiré du sac. À 14 h, la marche reprendra jusqu'à la Maison diocésaine puis jusqu'au port pour rejoindre le pèlerinage Cap Saint Vincent, organisé par la Diaconie diocésaine. Nous monterons ensuite vers la cathédrale en procession pour la messe d'ouverture du jubilé à 16 h, suivie d'un envoi et de la remise d'une banderole jubilaire par pays.

Je vous invite tous à participer à ce grand événement.

Pour nous soutenir dans notre démarche de mémoire et de conversion, le Pape François accorde l'Indulgence plénière à tous ceux qui participeront à la célébration d'ouverture du Jubilé.

Espérant vous retrouver nombreux ce jour-là, je vous souhaite un saint temps de carême et une bonne montée vers Pâques.

                                                                                                                                              Raymond Centène, évêque de Vannes

23 septembre 2017 : Au revoir père Jean-Louis, bienvenue père Sanctus

Une fois de plus notre paroisse voit son curé partir et un autre arriver. Le départ nous attriste et l’arrivée nous comble de bonheur quand on sait combien il manque de prêtres, combien de paroisses ne voient un prêtre que quelquefois dans l’année. Et nous paroissiens, est-ce que cet état de fait nous interpelle ? Sommes-nous prêts à donner un peu de notre temps, de nos talents, de notre jeunesse, pour que cette communauté de chrétiens soit une communauté vivante et pas seulement quelques pratiquants à la messe du dimanche ?

Comme le dit le Pape François dans « La joie de l’Évangile » citant Jean-Paul II : « Si, certainement, elle (la paroisse) n’est pas l’unique institution évangélisatrice, si elle est capable de se réformer et de s’adapter constamment, elle continuera à être ‟ l’Église elle-même qui vit au milieu des maisons de ses fils et de ses filles ”. Cela suppose que réellement elle soit en contact avec les familles et la vie du peuple et ne devienne pas une structure
prolixe séparée des gens ou un groupe d’élus qui se regardent eux-mêmes ».

Qu’ajouter de plus après de telles paroles, si ce n’est de se mobiliser tous autour du Père Sanctus et de remercier encore le Père Jean-Louis pour tout ce qu’il nous a apporté.

Remise des clés de l’église par le maire M. Gérard Falquerho au père Sanctus Ngongo 

Originaire de la province du Katanga, en République Démocratique du Congo, le père Sanctus a été ordonné prêtre en 2001, à Kabongo, après huit ans d'études en philosophie et théologie au séminaire, complétées par deux années de stage. Il a passé dix ans au service des écoles catholiques du secondaire dans son pays, comme enseignant, directeur, puis coordinateur de secteur. Le père Sanctus considère tout naturel d'avoir été choisi par son évêque pour venir en France (…) : « J'appartiens à l'Église universelle », rappelle-t-il.

Après Cléguérec et Josselin, Sanctus Ngongo était depuis 2011, le vicaire des prêtres André Kerdal à Moréac et Éloge Élenga à Locminé. En résidence au presbytère de Naizin, il a travaillé aussi pour Colpo, Moustoir-Ac, Plumelin, La Chapelle-Neuve, Moréac et Remungol.

17 septembre 2017 : Au terme d'une longue migration

Ce dimanche 17 septembre 2017 est un nouveau jalon dans l'histoire de notre paroisse : le père Jean-Louis Razafindrakoto, après 4 années de service comme administrateur, va nous quitter et retourner dans son île de Madagascar, en charge du secteur d’Ambolotara.

La fête marquant ce départ s'est déroulée en 3 temps :

La messe

Pour signifier son désir de faire communauté, une messe unique durant ce week-end a regroupé une assemblée d'environ 300 personnes autour de celui qui a accompagné la vie religieuse et spirituelle de Caudan durant ces 4 dernières années. De plus une quarantaine d'enfants - merci Françoise - étaient là, en portant des branches de mimosa pour la procession d'ouverture, ils ont permis de fleurir l'autel, bouquet qui sera offert à la fin à Jean- Louis.

C'est Danièle, responsable du GAP (Groupe d'Animation Paroissiale) qui, au nom de tous les chrétiens caudanais, a introduit la célébration en se tournant vers Jean-Louis (comme nous avions coutume de l'appeler) pour lui dire MERCI. Reprenant chaque lettre de ce mot, elle a explicité les motifs de notre gratitude :

  • M comme Modestie pour faire référence à sa simplicité
  • E comme Évangile pour attester de sa volonté de faire vivre la Bonne nouvelle
  • R comme Respect pour signifier les qualités de l'accueil
  • C comme Cadeau : « Oui, ce fut un cadeau que ta présence d'homme et de prêtre malgache en élargissant notre horizon à la culture de ton île. Ce fut une expérience de l'Église universelle »
  • I comme Intériorité pour alléguer ta vie de prière, de méditation
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Ainsi toute la paroisse a voulu exprimer au Seigneur ses remerciements pour la présence d'un prêtre pour animer la vie pastorale.
Nous voulions simultanément témoigner au père Jean-Louis notre gratitude, notre estime pour sa présence, sa disponibilité quotidienne.
« La messe du peuple de Dieu » sous la houlette de Dominique et Yannick, accompagnée par l'orgue tenu par Loïk et la flûte de Brigitte fut un temps de joie et de recueillement.
Notre communauté était heureuse de se tourner vers le Seigneur pour lui chanter sa reconnaissance d'être les enfants d'un Père miséricordieux, des artisans appelés à construire un monde de paix, de justice, à rendre une espérance à tout homme.
Un autre temps particulier fut la dernière homélie de Jean-Louis dans cette église qu'il a sillonnée maintes fois. Développant le texte de Matthieu, l'évangile de ce jour, qui nous invite à pardonner sans compter, avec un zeste d'ironie, il nous été rappelé que « la mesure que nous utilisons pour juger les autres sera la mesure qui sera utilisée pour nous ». Faire montre de pardon, c'est agir pour la fraternité : « Combien de conflits familiaux, de séparation ou de divorce, de discordes prennent source dans des manques de pardon ? ». Avouons que si le Christ nous a montré le chemin sur la croix, nous avons des difficultés à prendre cette voie du pardon ! Enfin Jean- Louis a conclu :

« Au moment de vous dire adieu, c'est à Lui que je vous confie,
c'est à Lui que je me confie ».

Un temps plus officiel dans la salle des fêtes de la mairie.

Nous savons tous que Jacques était très proche de Jean-Louis. Une nouvelle fois cette amitié a marqué l'intervention que Jacques a adressée à celui qui retourne dans son pays. Il a voulu retracer les péripéties qui ont jalonné les 4 ans depuis l'arrivée le 12 septembre 2013 jusqu'à ce 17 septembre. Et quelle arrivée ! « ... dans des conditions indignes d'une communauté religieuse... Chercher les dossiers d’abord, en prendre connaissance ensuite, les mettre enfin en œuvre dans un contexte fort éloigné de la façon de faire dans ton île ». Sont venus rapidement les problèmes d'adaptation aux règles de circulation, de stationnement ainsi qu'aux modalités et rythmes des réunions. Jacques a mis en exergue les difficultés que notre ami a vécues du fait de notre langue française : « À certains moments le regard des autres sur toi a été rude ».
Que retiendrons nous de toi ? Disponibilité, souci de bien faire, gentillesse expression de ta bonté qui transparaissait dans ta manière de dire bonjour, désir de t'insérer dans les mouvements ou associations existant dans notre commune, simplicité...
« Je te demanderai simplement de ne pas nous oublier comme nous ne t'oublierons pas, de nous donner des nouvelles ».

Pour traduire concrètement notre gratitude au père Jean-Louis, au nom de nous tous, Jacques lui a remis un chèque d'un montant de 2 970 € correspondant au montant de la collecte organisée cet été ; Jean lui a remis une valise-chapelle (déjà en container) contenant patène, ciboire, calice, burettes, le tout miniaturisé, pour aller de chapelle en chapelle dans son immense district d’Ambolotara ; Laurette lui a remis un album de photos retraçant son vécu avec nous et chez nous ; Marcelina a lu avec grande émotion son témoignage personnel de remerciement. À chaque intervention nous sentions combien Jean-Louis était touché.

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Monsieur Le Maire a ensuite pris la parole pour exprimer publiquement le plaisir qu'il avait eu à travailler avec le responsable de la paroisse parce que les relations étaient empreintes d'écoute, de respect, de cordialité en vue de servir au mieux les intérêts des paroissiens et donc des caudanais. Pour lui manifester sa considération, son estime, il lui a offert la médaille de la commune, des stylos à bille pour les enfants malgaches.

C'est au père Jean- Louis que revenait l'honneur de conclure cette rencontre. Vous imaginez combien l'émotion étreignait sa voix, combien la sincérité de ses propos touchait ses auditeurs :

« Ce séjour a pu me paraître long du fait de l'éloignement de ma famille, de mes amis, de mes habitudes... mais court parce que vous m'avez aidé dans beaucoup de circonstances...
Je ne sais comment vous remercier. Mais je vous suis très reconnaissant pour ce que vous avez fait pour moi, pour ma famille et mes amis, pour mon diocèse, pour mon pays.
Je vous souhaite la meilleure santé possible et la réalisation de vos souhaits...
Comme un enfant gâté, je vous dis un grand MERCI, mille fois MERCI. »

Enfin le pot de l'amitié a permis à chacun d'aller vers Jean-Louis, de lui confier ses sentiments et plus largement de susciter des rencontres entre caudanais(es) et ainsi de montrer que l'on peut encore « vivre ensemble » dans la bonne humeur, l'écoute.

Un temps plus familial

Pour prolonger ce pot, une trentaine de personnes sont restées pour un pique-nique partagé autour du père Jean-Louis. Je me garderai bien de vous dire le contenu des échanges car, comme dans toute réunion de famille, les sujets étaient divers et n'avaient comme principal intérêt que de susciter dialogue et compréhension mutuelle dans un climat de joie et de chaleur humaine. Merci Laurent pour la tisane des alpages !!!

« Dieu est une fête aujourd'hui, la fête de la vie. »
« Si le Père vous appelle à aimer comme Il vous aime, bienheureux êtes-vous ! »