Histoire de la paroisse 2010

Reprenons l’histoire de notre Paroisse dans la période 1944-1945 ; Caudan est sinistrée à l’arrivée des Américains. La Commune et la Paroisse ont beaucoup souffert, les temps sont durs pour tous, il reste environ 1000 personnes sur la commune, le ravitaillement est assuré par la Mairie (et son Maire M. Louis Le Léannec), il n’y a plus de courrier...

C’est la rentrée, mais n’oublions pas ce qui s’est déroulé dans notre paroisse cet été ; l’activité a surtout été centralisée sur nos chapelles, au Trescouët et au Nelhouët...

Pour clore cette série d’articles concernant les religieuses durant la dernière guerre, nous évoquerons leurs dernières années passées dans notre paroisse et les évènements les plus marquants. Tout d’abord la reconnaissance officielle de leur dévouement et de leur courage durant la guerre : c’est le Président Vincent Auriol qui lors de son passage à Caudan le 23 avril 1950 décora sœur Hélène de la Légion d’honneur...

Août 1944. Après les bombardements et les incendies du bourg, les choses se compliquent. Pour les Religieuses, il n’est plus possible de rester toutes au couvent ; il faut songer à se disperser : un premier groupe part pour Penquesten en « voitures cars Marine », avec meubles, literie… Un deuxième part pour le Gorvello où elles ont encore les locaux qui servaient au camp scolaire ; elles y resteront enseigner aux enfants jusqu’à la fin de la guerre. A Caudan, restent quatre sœurs : la mère supérieure, sœur Hélène, sœur François et sœur Julienne ; elles furent affiliées à la Croix-Rouge, ce qui facilita leur tâche quand elles circulaient dans la campagne… mais la vie au bourg est de plus en plus intenable, elles ne peuvent plus dormir à la communauté et trouvent refuge dans un premier temps à Mané Guillo chez M. le Maire, puis à St Séverin chez Mme le Crenn, et plus tard chez M. Monnier à Kervininen. Les sœurs de Kergoff doivent elles aussi quitter le château qui sera incendié par les bombes quelques jours plus tard…

Nous sommes en juin 1944, les alliés ont débarqué en Normandie, mais la guerre n’est pas encore gagnée ; le 13 juin, au vu des évènements, les élèves sont en vacances, et le soir même, une escadrille Américaine est prise sous le feu de l’artillerie bien implantée à Manéhuellec : 13 aviateurs périssent dans leurs avions tombés à « Rest en Drezen », 2 parachutistes sont sauvés et faits prisonniers...

En cette journée du 26 janvier 1943 les bombardements n’en finissaient pas. Devant ce déferlement de bombes sur la région et sur Caudan, la mère supérieure du pensionnat, Mère Amandine Joseph, était fort soucieuse : « et si une bombe tombait sur l’école ? ». Cette journée du 26 janvier fut un déclencheur, il n’était plus possible de rester, il fallait partir, mais où ?…

L’année 1942 se passe sans trop de difficultés pour nos religieuses, du moins jusqu’en novembre quand les Allemands réquisitionnent de nouveau l’école. Il faut évacuer et aller où ? Heureusement elles vont trouver refuge chez l’habitant : chez Mme Hellegouarch, la boulangère qui leur donne deux salles pour servir de dortoir ; Madame Bachelier leur donne également deux chambres ; Mesdames Le Nestour et Penhouët leur laissent une salle chacune qui serviront de classes. Les élèves continueront à être scolarisés ; mais que de mouvements de mobilier, matériel scolaire… un mois plus tard, les Allemands préviennent les religieuses qu’elles peuvent réintégrer leurs locaux ; le lendemain dès 6 heures du matin elles se mettent au travail et, dans la matinée, les cours reprennent ! Elles se trouvent en permanence en proie au doute, à la crainte de partir...

Nos archives locales tant paroissiales que communales sont peu prolixes sur les évènements locaux de la seconde guerre mondiale (1939-1945). A l’occasion d’une récente exposition de photos organisée par la ville, le comité organisateur de cette exposition mis en place par madame Morvan, adjointe à la culture, a eu la chance de recevoir de la part des religieuses du Saint  Esprit une riche documentation sur cette période. Il nous a semblé intéressant d’en diffuser une large partie dans notre bulletin paroissial ; il eut été dommage que leur attitude et leur action restent dans l’anonymat, car elles méritent d’être connues et diffusées...