Les articles "Histoire de la paroisse" sont extraits du Clocher et rédigés par Jacques Pencréa'ch.

 

Histoire de la paroisse - 8 - 2018

HP1146 années, c'est le temps qu'ont passé les religieuses des Filles du Saint-Esprit (dénomination ô combien évocatrice...) à Caudan. C'est en 1852 que le recteur de l'époque, l'abbé Perron, demanda leur concours. Elles arrivèrent à trois : une supérieure, une pour enseigner, une autre pour soigner. Il leur fit don d'un bâtiment qu'on appellera, désormais, le couvent. L'éducation et l'assistance auprès des gens font partie des idéaux de cette congrégation. Sœur Geneviève, sœur Anastase et sœur Marie-Brigitte se mirent donc au service des Caudanais. De trois, l'effectif des religieuses ne cessa d'augmenter pour atteindre près de vingt-cinq, dans le domaine de l'enseignement, à l'école primaire et au pensionnat des filles de Saint-Joseph, de la santé, de l'entretien de l'église, des tâches ménagères. N'oublions pas leur attitude héroïque durant l'occupation : aide aux réfugiés, soins aux blessés. Elles restèrent chez nous jusqu'en 1998 ; les deux dernières à rester furent sœur Jacqueline et sœur Virginie. Il n'en reste hélas plus qu'une puisque sœur Virginie est décédée cet été.

HP2Elle (en religion sœur Jean-Maria) est née le 8 juin 1931 à Guénin, près de Pontivy. Son enfance, elle la vivra avec ses deux frères et sa maman, tandis que son père se rendait en Beauce, à l'occasion des saisons, pour travailler en tant qu'ouvrier agricole. Virginie fréquente l'école de Guénin, puis un établissement à Vannes. Elle obtient le brevet élémentaire en 1947 et son baccalauréat en 1950, première de sa commune à obtenir ce diplôme ! Grand honneur ! Elle entre au noviciat de Saint-Brieuc et fait sa profession le 2 juillet 1963 comme Fille du Saint-Esprit. Son premier poste fut comme directrice d'école à Lanester.

Elle poursuit ses études durant deux années à l'Université Catholique d'Angers, puis son apostolat dans l'enseignement, principalement comme directrice dans différents établissements du département pendant près de trente années.

Le temps venu, elle prend sa retraite et vient en vivre les premières années à Caudan. Elle trouve son bonheur en se rendant tous les jours à la maison diocésaine (située à l'époque sur le Cours de Chazelles). Elle y assure l'accueil, conseille les uns et les autres dans l'achat de livres et revues, contacts toujours fort appréciés. Elle participe aussi à la vie de la paroisse : liturgie, visite des malades et des personnes âgées. Elle quittera Caudan au début de l'été 1998, appelée à d'autres services par sa maison mère, et c'est la découverte de Renazé, en Mayenne. Là encore, elle assure l'accueil au presbytère et la visite de personnes dans le besoin...

Mais, elle aussi, prenait de l'âge et son état de dépendance progressif la contraignit à rejoindre la maison mère ; en 2014, elle dut entrer dans la communauté des sœurs aînées, à l'EHPAD, où elle s'est éteinte dans la paix, à l'âge de 87 ans.

Au terme de cette vie au service des autres, rendons grâce à Dieu
et confions Virginie à sa miséricordieuse tendresse.

Histoire de la paroisse - 7 - 2018

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Qu'il faisait bon à l'ombre des grands chênes du Trescouët en cette chaude matinée du 5 août, jour du pardon de Notre Dame des Forces. Une bonne centaine de fidèles se sont retrouvés pour la messe dominicale de 10h30 dans la chapelle superbement fleurie comme toujours. Le Père Innocents de la fraternité de St Jean célébrait cette messe. Dans son homélie, il nous commenta principalement la première lecture du jour, la traversée du désert par la communauté des fils d'Israël, un chemin long et difficile sur lequel ils ont connu la soif et la faim, au point de regretter leur séjour en Égypte, assis « près des marmites de viande, quand ils mangeaient du pain à satiété... ». Mais Dieu vient à leur secours, il leur donne à manger, une nourriture bien singulière, la manne, sous une forme de croûte de rosée. « Mann hou, qu'est-ce que c'est ? » se disent les fils d'Israël. Il y en eut juste ce qu'il faut, juste pour chaque jour, juste pour l'appétit de chacun. Ce peuple d'Israël, c'est chacun de nous et cette nourriture nous est donnée chaque jour dans l'eucharistie véritable pain de vie.

Cette présence de Jésus parmi nous, on la doit à la Vierge Marie. Que Notre Dame, fêtée en ce pardon, nous donne les forces nécessaires, pour poursuivre notre chemin, notre propre traversée du désert, vers la terre promise. « Béni sois-tu, Dieu notre Père, d'avoir créé Marie si belle, et de nous l'avoir donnée pour Mère au pied de la croix de Jésus ». Comme les fils d'Israël, nous eûmes droit, nous aussi, à notre manne, qui, à défaut d'être céleste, n'en était pas moins délicieuse sous la forme d'un gâteau breton !

L'après-midi, un troc et puces et une exposition de voitures et tracteurs anciens, attira plus d'un millier de visiteurs. Une partie des bénéfices de cette manifestation est réservée à l'association guidéloise « Les Enfants de l'Espoir », dont la vocation est d'assurer l'accueil de jeunes adultes handicapés moteurs, mentaux, autistes ou polyhandicapés.

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Caprices du ciel en ce mois d'août : au soleil du Trescouët succéda, trois semaines plus tard, notre typique crachin breton, à l'occasion du pardon du Nelhouët. Dès midi, une pluie fine et continue, bienvenue certes pour la terre des champs, vint perturber cette journée consacrée à Notre Dame.

Le Père François célébrait la messe dominicale de 10h30 devant une assemblée de plus de 150 fidèles. Prieur de la communauté de St Jean de Lorient, il est adjoint à la pastorale des jeunes et vicaire de la paroisse de St Christophe. Dans son homélie, qu'il débuta avec une pointe d'humour, il nous rappela en ce jour consacré à Notre Dame de Vérité, que nous avons toujours besoin de cette vérité, en amour, en amitié, en Église. Cette vérité est parfois rude à entendre, mais elle nous fait grandir. Où en suis-je face à cette vérité ? Avec mon conjoint, mes enfants, mes parents, moi-même ? Nous avons tous le besoin d'être vrai. Il nous arrive d'être pris de découragement, de douter, au point parfois d'abandonner. Jésus nous interpelle : « Voulez-vous partir vous aussi ? ». Avec Pierre, nous pouvons dire : « À qui irions-nous Seigneur, tu vas nous combler de ton amour, car tu es le Chemin, la Vérité et la Vie ».

Après la distribution de l'excellent gâteau béni, la procession se rendit à la fontaine superbement fleurie comme la chapelle. Le Père François procéda à la bénédiction de l'eau : « Tu veux que l'eau soit aujourd'hui signe de vie », et du brasier traditionnel : « Tu as donné le feu au monde pour sa chaleur et sa lumière, images de ta tendresse ».

Après la fête religieuse, place à la fête profane. 450 repas furent servis sous le chapiteau. Un spectacle équestre et des jeux traditionnels bretons meublèrent l'après-midi. Cette fête du Nelhouët nous la devons à l'Association des Amis de la Chapelle, au service du patrimoine et de l'animation de ce quartier. Depuis 1972, elle continue avec l'aide des services de la commune, à veiller et à entretenir ce bel édifice du XVIème siècle, inscrit à l'inventaire des monuments historiques.

Un grand merci à tous les amis de nos deux belles chapelles paroissiales.

« Sois près de nous Marie, nous qui sommes encore en chemin ;
sois près de nous, comme un signe d'espérance et de consolation, souviens toi de nous, ne nous oublie pas »
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Histoire de la paroisse - 6 - 2018

À l'occasion du 600ème anniversaire de la mort de St Vincent Ferrier, Mgr Centène a tenu à marquer particulièrement cet évènement par une pérégrination des reliques de ce saint, montrant ainsi que cette vie missionnaire reste d'actualité, de nos jours comme elle l'était hier. La paroisse de Caudan a ainsi eu l'honneur et la joie de garder ces reliques du jeudi 7 juin en soirée au dimanche midi.

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Elles furent accueillies sur le parvis de l'église et, après le mot de bienvenue du Père Sanctus, conduites en procession, déposées devant le Saint Sacrement et suivies d'une veillée de prière, lecture de passages des Actes des Apôtres, et méditations en silence :

  • Les reliques des saints nous conduisent à Dieu lui-même… Elles sont des traces de la présence invisible mais réelle qui illumine les ténèbres du monde. (Benoît XVI)
  • L'homme a besoin qu'il y ait un autre qui lui dise et pas seulement en paroles : il est bien que tu existes. (Benoît XVI)
  • Nous devons soigner les blessures. Ensuite nous pourrons aborder le reste. (Pape François)
  • Seigneur Jésus, berger du peuple de Dieu, rassemble ton Église dans l’unité de la foi…

« Saints et saintes de Dieu dont la vie et la mort ont crié Jésus Christ sur les routes du monde, priez pour nous ».

La journée du vendredi fut plus spécialement réservée aux enfants des écoles qui se sont succédés devant le reliquaire ; recueillement, émerveillement et questionnements propres à leur âge... Une vidéo fut projetée à l'église en après-midi, suivie d'une messe en soirée.

Le samedi à 15h, une récitation du chapelet précéda la veillée de 18h30 et le dimanche la messe solennelle fut célébrée à 10h30. Dans son homélie, le père Sanctus nous invita à redynamiser notre foi et notre ferveur, en ayant toujours le même esprit missionnaire que St Vincent qui a consacré sa vie à évangéliser ; nous aussi nous devons le faire : l'Église a besoin de se faire entendre pour reconcilier le monde.

Une corbeille avait été mise à la disposition des fidèles pour y recueillir les intentions de prières personnelles. Elles firent l'objet d'une synthèse et furent lues durant la prière universelle : demandes de paix dans le monde, de bonheur dans nos familles, de meilleure santé pour nos malades, nos handicapés, de réussite pour nos enfants, pour les vocations, les catéchistes…

Et ce fut le départ des reliques pour Vannes dès la fin de la messe.

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Ces quatre jours furent une occasion de garder vivante la mémoire de St Vincent Ferrier et de la transmettre aux générations d'aujourd'hui, pas vraiment toujours bien informées, et à celles de demain.

P.S - La légende dit que St Vincent Ferrier était souvent porté par un âne durant ses pérégrinations et que ceux qui venaient l'écouter prenaient en souvenir un poil de cette pauvre bête qui en fut rapidement dépourvue ! Merci St Vincent : cette mésaventure n’est pas survenue aux deux porteurs de vos saintes reliques…

Histoire de la paroisse - 5 - 2018

Le mois dernier, nous avons quitté Vincent Ferrier à Josselin, sur le chemin de retour de son périple Breton. Très fatigué, il sentait sa fin prochaine. Ses compagnons voulaient lui faire prendre le chemin de sa Valence natale. Il reprit donc sa marche vers Redon et Nantes où il arriva en décembre 1418. Il était à bout de forces et ne put aller plus loin, on le ramena donc à Vannes selon son désir. Il logea dans la maison de la veuve Marguerite Le Brun, une des suivantes de la Duchesse de Bretagne. Cette maison existe toujours au n°17 de la place Valencia ; on y trouve aujourd'hui une librairie religieuse. Elle est ornée d'une statuette du saint (sur la photo, à droite). Cette petite place se situe tout près de la place des Lices, à laquelle elle est reliée par une ruelle d'une cinquantaine de mètres.

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Ses compagnons, toujours désireux de le voir rejoindre son pays natal, en pensant évidemment à son décès imminent, tentèrent une seconde fois de lui faire rejoindre l'Espagne par voie maritime. On n'était encore que dans le golfe que son état de santé s'aggrava rapidement et il fallut faire demi-tour. En remettant ses pieds sur le sol de Vannes, il aurait dit à ses compagnons : « Dieu veut que ce soit ici le terme de mon voyage. Haec est requies mea in saeculum saeculi, ici sera mon repos jusqu'à la fin des temps ». Le 25 mars 1419, il fut saisi d'une fièvre violente. Les autorités, les gens du peuple se succédaient près de son lit. Tous pleuraient à chaudes larmes, il les consolait et leur fit ses adieux, « il ne vous reste plus qu’à persévérer dans la pratique des vertus et à ne pas oublier ce que vous avez appris de moi, je serai votre avocat devant le tribunal de Dieu. Adieu, je m'en irai devant le seigneur dans dix jours d'ici ». Le 4 avril, il se fit lire la Passion du Seigneur. La duchesse de Bretagne, ses dames d'honneur, de nombreux religieux le veillaient et il entra bientôt en agonie, joignit les mains, leva les yeux au ciel et « le 5ème jour d'avril 1419 le glorieux confesseur et ami de Dieu frère Vincent Ferrier rendit à Dieu l'esprit ».

Par respect pour son corps, la duchesse de Bretagne lava les jambes et les pieds de Vincent. L'évêque Amaury, sachant que les frères prêcheurs (Dominicains spécialement chargés de la prédication) voulaient s'approprier le corps, fit garder la maison où il reposait. Quelques heures plus tard, des hommes armés s'avancèrent et il y eut échange de coups « le sang coula en abondance ». Le corps de Vincent fut mis en bière, visage découvert et conduit sous bonne garde jusqu'à la cathédrale. Le vendredi 7, la messe d'obsèques fut célébrée par l'abbé Dano, l'inhumation eut lieu à 16 heures au fond du chœur et la pierre tombale fut fortement sécurisée.

Aussitôt après sa mort, de nombreuses demandes émanant d'autorités civiles et religieuses pour la canonisation de Vincent furent adressées au Pape Martin V. Entre temps, ce dernier dut intervenir pour faire taire les Dominicains qui cherchaient à tout prix à s'emparer de la dépouille mortelle et il décida que désormais « elle reposerait à perpétuité en la cathédrale de Vannes ». L'honneur de la canonisation de Vincent fut réservé au successeur de Nicolas V, le Cardinal Alphonse Borgia qui avait pris le nom de Calixte III. Le nom de Vincent Ferrier fut inscrit au catalogue des saints le 29 juin 1455. Désormais la mémoire de St Vincent Ferrier « devra être honorée par l’Église universelle avec dévotion le jour anniversaire de sa naissance le 5 avril ».

L'exhumation des restes mortels de St Vincent se déroula le 5 avril 1456 en présence du délégué du Pape le Cardinal Alain de Coëtivy, un Breton alors évêque d'Avignon. Le cercueil fut ouvert et une chasse ferrée de toutes parts, munie de trois serrures, avait été préparée pour recevoir les reliques, ce qui fut fait. Une vertèbre et quelques os furent laissés dans la tombe pour la dévotion des fidèles ; la mandibule et un autre petit os furent mises à part dans un reliquaire pour être porté en procession (photo ci-dessous). Cette chasse connut bien des aventures et dut souvent être cachée, car les Dominicains n'avaient de cesse de vouloir la récupérer. En 1794, les révolutionnaires voulurent s'emparer de l'argent qu'elle comportait, mais grâce à un sacristain du Méné elle put trouver une cache dans le couvent des Cordeliers. Depuis le XVème siècle, le tombeau de St Vincent a changé de place plusieurs fois. Actuellement, des travaux de restauration et d'aménagement du transept nord de la cathédrale sont en cours (le terme était prévu fin avril de cette année). Ils ont pour but de réintégrer les reliques du saint à l'emplacement qu'elles occupaient avant 1956.

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La communauté religieuse de la ville de Vannes comporte plusieurs paroisses, l'une d'entre elles est dédiée à St Vincent Ferrier. L'abbé Jean Hazevis reçut la charge de cette paroisse en juillet 1979. Il y resta dix ans avant d'être nommé à Caudan où il exercera dix autres années. Après deux années à Saint-Avé, malade, il dut progressivement se retirer avant de décéder le 18 mai 2011 ; une raison de plus pour notre communauté d'accueillir celui qui fut le saint patron d'un de nos anciens recteurs.

La dévotion à ce saint a toujours été très forte dès sa mort et pendant de longues années, elle a beaucoup évolué. Six cent ans après, elle est toujours aussi profonde. Gardons vivante sa mémoire et n'oublions pas de la transmettre aux générations à venir.

Histoire de la paroisse - 4 - 2018

C'est lors d'une étape au Puy-en-Velay en octobre 1416 que Vincent Ferrier reçut une première invitation du Duc de Bretagne, Jean V, lui demandant de venir enseigner aux Bretons la foi catholique et rétablir la paix entre les partisans du roi de France et celui d'Angleterre. Nous étions en pleine guerre de cent ans, et c'est en 1417, après d'autres invitations pressantes, que finalement Vincent Ferrier se décide à faire route vers la Bretagne. En ce début du XVème siècle, les moyens de se déplacer sont rudimentaires, Vincent et ses compagnons vont à pied. Tout un cortège se déplace avec eux, de tous milieux sociaux, nobles, gens du peuple, riches et pauvres, prêtres, moines, malades en quête de guérison, flagellants torse nu. Aidé de son ânesse qui le porte à l'occasion, Vincent s'avance au milieu de tout ce monde, entouré de frères Dominicains. Quand on arrive en agglomération, le cortège s'arrête, Vincent entre dans l'église locale pour prier et réfléchir à ce qu'il dira à la population, puis il se retire dans une communauté religieuse pour se restaurer d'une manière très frugale et se reposer. Le lendemain, dès le lever du jour, il célèbre une messe solennelle comme il les aime avec de beaux chants, une belle musique et il commence sa prédication.

Vincent et son cortège arrivent à Vannes le 4 mars 1418. L’accueil et la première célébration se font le lendemain, 4ème dimanche de carême, sur la place des Lices. Une foule nombreuse s'est déplacée. Vincent célèbre une grand-messe sur une vaste estrade, décorée de riches draperies. Il prêche en Valencien, il parle, il parle... comme tout Espagnol, mais les Bretons le comprennent. Ses thèmes favoris seront toujours la fin du monde, la venue de l'Antéchrist et le jugement dernier. C'est l'occasion pour lui de découvrir la population Bretonne du Moyen-Âge : laborieuse, pauvre, religieuse, attachée aux superstitions et livrée à toutes sortes de désordres moraux. Vincent reste à Vannes 23 jours, il prêche, rend visite, impose les mains et guérit quelques malades. Il repart le 29 mars, mardi de Pâques. Suivons-le dans son périple Breton : il remonte vers le nord, Theix, Muzillac, et arrive à Rennes où plus de 30 000 personnes sont venues l'entendre. Il va tenter de négocier une paix en rencontrant le roi d'Angleterre Henri V à Caen, mais en vain. Retour en Bretagne par Avranches et Dol, Dinan. L'évêque de Saint-Brieuc accueille le saint homme et veut l'obliger à se reposer une dizaine de jours mais Vincent continue : Guingamp, Tréguier, Morlaix, Saint-Pol-de-Léon puis descend jusqu'à Quimper, Concarneau. De là il se dirige vers l'Est, Quimperlé, Hennebont (pourquoi pas Caudan, c'est sur la route, mais il n'y a pas de traces dans les archives). Il remonte un peu vers l'intérieur, à Guémené à l'invitation du vicomte de Rohanpuis à Josselin. Quittons un instant Vincent, usé et fatigué.

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Son parcours ressemble étrangement, ville par ville, à celui du Tro Breiz actuel, les sept saints fondateurs de la Bretagne furent visités : St Samson à Dol, St Malo, St Brieuc, St Tugdual à Tréguier, St Pol Aurélien, St Corentin à Quimper et St Patern à Vannes. Vincent fut le précurseur de cette marche de 700 kilomètres. Suivant la légende, tout Breton qui l'accomplit est certain de gagner son paradis ! (Il n'est pas trop tard pour s'inscrire, l'édition 2018, Saint-Brieuc à Tréguier, débute le 30 juillet)... (à suivre : mort, vénération à Saint Vincent)

Histoire de la paroisse - 3 - 2018

Dans une lettre adressée à tous les fidèles de son Diocèse Mgr Centène annonce l'ouverture de l'année Jubilaire en l'honneur du 600ème anniversaire de la mort de St Vincent Ferrier, pour commémorer la durée de son séjour en Bretagne, durant lequel il est décédé à Vannes le 5 avril 1419. Aussi avons-nous souhaité en savoir un peu plus sur ce saint homme.

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Vincent Ferrier est né le 22 janvier 1350 à Valence, ville Espagnole située sur la côte Est méditerranéenne à 500 kms au Sud de Perpignan, dans une famille d'origine Écossaise. Le père de Vincent, Guillaume Ferrer (en Français Ferrier), était notaire. Ce nom est encore très répandu à Valence. Il fut baptisé en l'église San Estevan, on lui donna le prénom de Vincent en l'honneur d'un autre Saint Vincent, martyr de la foi. À huit ans il entre à l'école, à 17 ans il entre comme novice chez les frères prêcheurs de Valence. Il poursuit ses études de philosophie et de théologie à Barcelone et à Toulouse durant dix années et revient à Valence pour être ordonné prêtre à vingt-huit ans. Sa vie active va maintenant commencer. Cette année-là le grand schisme d'occident est venu semer le trouble dans l’Église Chrétienne : un Pape vient d'être élu à Rome sous le nom d'Urbain VI. Les cardinaux prétendent avoir cédé à la pression populaire et certains d'entre eux réunis en Avignon vont en élire un second, Clément VII. Vincent Ferrier se prononce pour ce dernier et entraîne dans son sillage le roi d'Aragon et de Castille. À la mort de Clément VII, c'est Pierre de Luna, compatriote et ami de Vincent Ferrier, qui devient Pape sous le nom de Benoît XIII et l'appelle près de lui à Avignon. Il en sera le conseiller et le confesseur durant trois années, mais bientôt Vincent tombe malade.

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Le Christ lui apparaît en songe escorté de St Dominique et de St François, il reçoit la mission d'aller prêcher de par le monde. Il se relève guéri et part vers son destin. D'autres évènements d'époque ne facilitèrent pas sa tâche, particulièrement en France : la guerre de cent ans qui de 1337 à 1453 semait partout le deuil, la ruine et la tristement célèbre peste noire apparue en Europe au milieu du 14ème siècle. Plus de la moitié de la population de l'Europe - dit-on - fut emportée par cette épidémie. Vincent Ferrier a donc vécu dans cette société qui avait la hantise de la peste et de la mort, mais nommé « légat du Christ », ce titre lui donne des ailes, il quitte Avignon et entame sa vie de prédicateur itinérant qui durera vingt ans : il parcourt l'Espagne, le sud-ouest de la France, les Alpes Dauphinoises, l’Italie du Nord, la Suisse, quelques provinces d'Allemagne, la vallée du Rhône, le centre de la France pour terminer sa course en Bretagne. Il ne connaît ni trêve ni repos et parcourt tous ces pays à pied et sur une ânesse lorsque l'âge et la fatigue l'y auront contraint...  (à suivre : son séjour en Bretagne)

Histoire de la paroisse - 2 - 2018

Depuis son installation, Jean-Louis nous a communiqué quelques précisions sur sa nouvelle mission. Il a été intronisé le 4 novembre, responsable de la paroisse et du secteur d'Ambolotara. Un délégué de l'évêque d'Antsirabé présidait la cérémonie qui débuta à 9h. Plus de mille fidèles venus très tôt, avaient tenu à y assister après avoir, pour la plupart, dû faire plus de 10 kms de marche. Avant l'office religieux, il y eu des confessions, des récitations du rosaire, des processions, le tout en plein air bien sûr...

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Histoire de la paroisse - 1 - 2018

Le Père Jean-Louis nous a quittés il y a plus de trois mois, mais il n'oublie pas Caudan et nous donne régulièrement de ses nouvelles. Il a refoulé le sol de sa grande île le 19 septembre et après de nombreuses et longues tracasseries administratives, il a pu enfin récupérer la totalité de ses bagages...

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