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Histoire de la paroisse - 1 - 2013

À leur arrivée à la paroisse, les nouveaux prêtres, Louis et François, annoncèrent aux paroissiens qu’ils leur rendraient visite. Il était d’usage que, chaque année, les responsables de paroisses visitent leurs fidèles et, en cette occasion, ils recevaient des dons, variables selon les coutumes (argent, blé...). Les sacristains et les enfants de chœur accompagnaient parfois le clergé et recevaient eux aussi, une offrande, mais cette fois, à Caudan, les nouveaux responsables changèrent les habitudes : « nous préférons que vous vous en absteniez, nous ne recevrons donc aucun don au cours de notre visite ; cependant, il est possible qu’avant la fin de l’année, nous demandions aux familles de rester fidèles à cette tradition, de mettre leur offrande dans un enveloppe et de la déposer, soit au presbytère, soit à l’église »...

QueteÀ Caudan, cette pratique de la quête fut source d’une longue polémique dans les années passées : ainsi, avant d’arrêter le budget de l’année 1869, des membres du conseil municipal rappelèrent « qu’il était temps d’évoquer ce problème des quêtes, elles ne sont plus de notre époque » ; pour les faire cesser, ils proposèrent 300 francs pour chaque vicaire en plus de leur traitement, soit en tout 900 francs (300 x 3) ; « ces quêtes sont devenues impopulaires, elles font murmurer et sont souvent malheureusement cause de plainte et de propos malveillants qui portent atteinte à la considération et à la dignité des prêtres… ». Cette proposition fut rejetée par le Préfet.

Relance énergique du conseil réclamant la suppression des quêtes et plusieurs membres déclarèrent que dans l’intérêt de la commune il faudrait voter une somme équitable pour défrayer messieurs les vicaires de la suppression de la quête. Monsieur le Maire proposa de voter au scrutin secret pour le maintien ou la suppression des quêtes : la majorité vota pour la suppression, et le traitement annuel à allouer à chaque vicaire fut voté : 500 francs annuels payables par trimestre. Le Préfet approuva…

En mai1879, un conseiller demanda une réduction de 200 francs sur le traitement de chaque vicaire, « en raison des sacrifices que la commune est obligée de s’imposer, en particulier en raison des 600 francs annuels votés tous les ans pour donner du pain aux malheureuses veuves suite aux accidents qui arrivent journellement dans le port maritime… ». Par 18 voix pour et 2 contre, le nouveau traitement fut ramené à 300 francs.

Un arrêté ministériel du 15 octobre 1885 supprima l’indemnité annuelle de 450 francs qui était allouée à chaque vicaire par l’État. Le recteur de l’époque (l’abbé Ezanno) adressa une lettre au conseil municipal pour lui faire connaître la position critique de ses vicaires : « pour parer à toutes les exigences du service religieux dans une paroisse aussi étendue que Caudan, mes vicaires sont dans l’obligation d’avoir un cheval et une voiture. Je prie le conseil de leur accorder une subvention annuelle en remplacement de l’indemnité retirée »… Vif débat entre gauche et droite : 9 oui, 9 non à bulletin secret ; deuxième vote : 11 non, 7 oui et le conseil rejeta la demande.

Les quêtes durent reprendre car deux années plus tard, en mai 1887, M. Le Cren, conseiller municipal de droite, demanda au conseil d’accorder aux vicaires « une indemnité pour que ces messieurs renoncent à leurs quêtes » la réponse d’un collègue fut assez virulente car il s’étonnait « que l’on donne des indemnités à des personnes qui n’en demandent pas et que le curé doit vivre de son métier comme lui du sien… ». Cette demande fut une nouvelle fois rejetée par 8 voix contre 7.

En 1892, un conseiller (M. Buissonnet) accompagna un vicaire pendant sa quête ! Le Maire (M. Guiomar) s’en mêla : « Monsieur Buissonnet ne devait pas ignorer qu’un membre d’un conseil municipal républicain se déshonorerait en accompagnant un curé dans sa quête. La quête au profit des victimes des incendies de Languidic étaient bien plus utiles »… Le conseil vota un blâme à son encontre. Quelques années plus tard, la séparation des deux paroisses de Caudan et de Lanester mit fin à ces divisions intestines…