Intéressons-nous ce mois-ci à la pratique religieuse dans la province Malgache d'Antsirabé. Les Catholiques représentent entre 50 et 55 % de la population, l'autre partie est partagée entre l’Église Luthérienne, l'Église Anglicane et la religion Animiste.

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Dans la préfecture (Antsirabé), on trouve six paroisses, chacune étant présidée par un recteur assisté de trois à quatre vicaires, aidés par un conseil pastoral. Ensemble, ils prennent les décisions importantes pour le bon fonctionnement de leur paroisse, chacune gardant sa propre gestion. Plus en aval, ce diocèse comporte une trentaine de « districts » (doyennés de chez nous) avec presbytère, recteur appelé directeur, et deux à trois vicaires ; et, dépendant de cette autorité, de plus petites communautés de fidèles, les « chapelles » ou paroisses, très nombreuses dans certains secteurs. Dans le diocèse on recense près de neuf cent « chapelles », celle de Jean-Louis s'appelle Ampotaka. Seules les plus importantes possèdent une église, et la sienne en a une. On peut dire que c'est à son initiative qu'elle fut construite tout récemment. En effet elle fut consacrée en avril 2013, quelques mois seulement avant son arrivée en septembre de la même année à Caudan. La construction de cette église débuta en 2012, et Jean-Louis se démena pour trouver les premiers financements : dix mille dollars près de « mission d’Allemagne ». Cette somme lui permit d'acheter les matériaux indispensables. Ces hauts plateaux du centre de l'île ont des sous-sols granitiques et donc de nombreuses carrières dans lesquelles on a pu extraire les pavés pour la construction des murs. Le ciment, la boiserie et les équipements furent achetés à la capitale et transportés par charrettes jusqu'au village. La main d'œuvre fut fournie bénévolement par tous les paroissiens de ce village, terrassements, peinture, toute la population s'est investie, des plus jeunes aux plus vieux.

Rappelons qu'à cette époque le Père Jean-Louis occupait le poste d'économe diocésain (de 2008 à 2013). En plus de cette charge, il était aumônier d'une petite paroisse d'expression française d'Antsirabé et d'une maison de retraite qui accueillait les Français de cette région. Auparavant il avait longtemps exercé en paroisse rurale, et en connaît donc bien le fonctionnement. Seules, les « chapelles » importantes ont un prêtre. Ailleurs, ce sont des catéchistes (deux par chapelle) qui assurent la célébration de la Parole. Le prêtre responsable du district effectue deux à trois tournées dans l'année au cours desquelles il administre les sacrements, et c'est ainsi que chaque fois, ce sont des centaines d'enfants qu'il baptise en même temps ; les mariages sont célébrés à des jours fixes au district, et là aussi cette cérémonie occupe toute la journée ! Quant aux obsèques, le prêtre se déplace suivant ses disponibilités et aussi (surtout...) selon la notoriété du défunt !

La vie matérielle du clergé dépend de la bonne volonté et de la générosité des paroissiens : paroisse riche ₌ clergé riche, paroisse pauvre ₌ clergé pauvre... comme chez nous avant la mise en place de la péréquation diocésaine, instaurée par Mgr Boussard, évêque de Vannes de 1964 à 1991...